Transition à Madagascar : une feuille de route en quatre actes pour refonder la République
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Depuis le renversement du président Andry Rajoelina en octobre 2025, la Grande Île traverse une période de transition politique conduite par le colonel Michael Randrianirina. Dans ce contexte d’exception institutionnelle, les autorités ont rendu public, le 28 février 2026 à Antananarivo, un document stratégique intitulé Programme de la Refondation de la République, présenté comme juridiquement contraignant.
Selon les éléments communiqués par l’exécutif malgache et relayés par plusieurs médias africains, ce chronogramme couvre la période 2026-2027 et ambitionne d’organiser un retour progressif à l’ordre constitutionnel à travers quatre étapes structurées.
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- Une concertation nationale souveraine
La première phase prévoit l’organisation d’une vaste consultation nationale. Elle devrait associer partis politiques, organisations de la société civile, autorités traditionnelles, jeunesse et diaspora.
Cette démarche s’inscrit dans la logique des processus dits « inclusifs » recommandés par les organisations régionales africaines lors des transitions. L’Union africaine souligne régulièrement, dans ses instruments normatifs sur les changements anticonstitutionnels de gouvernement, que toute transition crédible doit s’appuyer sur une participation élargie des forces vives afin de restaurer la légitimité institutionnelle.
- La refonte de l’architecture électorale
La deuxième phase vise à restructurer en profondeur le dispositif électoral :
révision du cadre juridique des scrutins ;
réforme ou recomposition de l’organe de gestion des élections ;
réorganisation administrative territoriale ;
audit et révision intégrale du fichier électoral.
Ces mesures répondent aux standards internationaux en matière d’intégrité électorale. Les principes directeurs du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) rappellent que la transparence du fichier électoral et l’indépendance de l’organe de gestion constituent des conditions essentielles à la crédibilité du scrutin.
- Élaboration d’une Constitution pour une 5ᵉ République
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La troisième étape portera sur la rédaction d’un projet de Constitution destiné à fonder une « 5ᵉ République ». Le texte devrait intégrer les conclusions de la concertation nationale avant d’être soumis à référendum.
L’histoire constitutionnelle de Madagascar a déjà connu plusieurs révisions majeures, notamment après les crises de 1992, 2009 et 2010. L’expérience comparée en Afrique montre que les réformes constitutionnelles en période post-crise peuvent contribuer à stabiliser le système politique, à condition qu’elles reposent sur un consensus réel et non imposé.
- Organisation des élections constitutionnelles et présidentielle
La quatrième et dernière phase prévoit la tenue des élections constitutionnelles, suivies de l’élection présidentielle. Le pouvoir de transition affirme que le programme publié n’est pas une simple déclaration d’intention, mais un instrument à portée juridique et politique engageant les autorités devant la nation et la communauté internationale.
La finalité affichée est l’instauration d’un régime garantissant :
l’égalité des droits ;
un partage équitable des richesses nationales ;
la légitimité démocratique des dirigeants.
Un test pour la crédibilité de la transition
Les transitions politiques en Afrique subsaharienne sont souvent scrutées par l’Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), dont Madagascar est membre. L’organisation régionale a historiquement joué un rôle de médiation lors des crises malgaches, notamment après les événements de 2009.
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La réussite de cette feuille de route dépendra de plusieurs facteurs :
respect strict du calendrier ;
neutralité des forces armées ;
confiance des acteurs politiques ;
transparence du processus électoral.
Enjeux et perspectives
Au-delà de l’organisation technique des scrutins, l’enjeu majeur demeure la restauration durable de la confiance entre gouvernants et gouvernés. Dans un pays marqué par des cycles récurrents de crises institutionnelles, la crédibilité du processus sera déterminante pour éviter une nouvelle instabilité.
Si le chronogramme 2026-2027 est respecté, Madagascar pourrait entrer dans une nouvelle séquence institutionnelle fondée sur une légitimité renouvelée. Dans le cas contraire, la transition risquerait d’alimenter davantage les tensions politiques internes et les pressions diplomatiques extérieures.
Par iman chroniqueur
Babacar Diop

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