Trump plaide la clémence pour Netanyahu : une lettre qui ravive le débat sur la justice israélienne
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L’ancien président américain Donald Trump a officiellement adressé une lettre au président israélien Isaac Herzog pour solliciter la grâce du Premier ministre Benjamin Netanyahu, actuellement jugé pour corruption. Cette initiative, confirmée par la présidence israélienne et rapportée par l’agence Anadolu, marque une nouvelle étape dans les rapports entre les deux figures politiques, longtemps alliées sur la scène internationale.
Dans son courrier, Donald Trump dénonce des procès « politiques et inéquitables » à l’encontre de Netanyahu, tout en affirmant son « profond respect » pour l’indépendance du système judiciaire israélien. Selon un communiqué du bureau du président Herzog, la lettre a bien été reçue, mais toute demande de grâce devra suivre la procédure légale prévue par la Constitution israélienne.
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Ce geste de Trump n’est pas une première. Le mois dernier, lors d’un discours devant la Knesset, il avait déjà publiquement appelé à une mesure de clémence en faveur du chef du gouvernement israélien. À l’époque, Isaac Herzog n’avait pas répondu à cette interpellation.
Benjamin Netanyahu, premier Premier ministre en exercice à être jugé dans l’histoire d’Israël, fait face à des accusations de corruption, d’abus de confiance et de détournement de fonds publics dans trois dossiers connus sous les noms de code « 1000 », « 2000 » et « 4000 ». Son inculpation, annoncée le 21 novembre 2019 par le procureur général, a ouvert une longue bataille judiciaire qui divise profondément la société israélienne.
De son côté, Netanyahu a toujours rejeté les accusations, parlant d’une « chasse aux sorcières orchestrée par la gauche ». Une position que Donald Trump partage visiblement, comme en témoigne sa récente lettre qui dénonce une justice « utilisée à des fins politiques ».
Cette prise de position soulève à nouveau le débat sur l’ingérence politique dans les affaires judiciaires en Israël. Pour le politologue israélien Yossi Shain, « la demande de Trump, même symbolique, illustre le dilemme d’un État de droit confronté à la pression des alliances personnelles et diplomatiques » (Israeli Democracy at a Crossroads, Tel Aviv University Press, 2023, p. 214).
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Dans un contexte régional tendu et une opinion israélienne polarisée, la lettre de l’ancien président américain apparaît autant comme un geste d’amitié politique que comme un acte à forte portée symbolique — rappelant combien la frontière entre loyauté personnelle et respect des institutions reste fragile dans les démocraties contemporaines.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













