Tunisie : l’ancien Premier ministre Ali Larayedh condamné à 34 ans de prison pour des accusations liées au terrorisme

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Dans une décision judiciaire lourde de conséquences politiques, l’ancien chef du gouvernement tunisien Ali Larayedh a été condamné jeudi à 34 ans de prison. La chambre spécialisée en affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis l’a reconnu coupable d’avoir facilité l’envoi de citoyens tunisiens vers des zones de conflit, principalement en Syrie, au début des années 2010.

Tunisie : l’ancien Premier ministre Ali Larayedh condamné à 34 ans de prison pour des accusations liées au terrorisme

Membre influent du parti Ennahdha, ancienne formation islamiste au pouvoir après la révolution de 2011, Larayedh est accusé d’avoir fermé les yeux voire soutenu indirectement des réseaux de recrutement jihadistes opérant depuis la Tunisie. Selon l’accusation, ces filières auraient permis à des centaines de jeunes Tunisiens de rejoindre des groupes armés, alimentant ainsi l’un des flux les plus importants de combattants étrangers vers le Moyen-Orient.

Le procès, qui s’est déroulé dans un climat tendu et sous haute sécurité, a été marqué par un accès restreint aux journalistes et à la société civile. Huit personnes étaient jugées dans cette affaire, et les peines prononcées vont jusqu’à 36 ans de réclusion.

Cette condamnation s’inscrit dans une vaste campagne judiciaire lancée par les autorités tunisiennes contre plusieurs figures de l’opposition islamiste. Elle intervient dans un contexte où le président Kaïs Saïed, qui concentre désormais l’essentiel des pouvoirs depuis le gel du Parlement en 2021, est régulièrement accusé par ses détracteurs de museler ses adversaires politiques sous couvert de lutte contre le terrorisme.

Du côté d’Ennahdha, le verdict est dénoncé comme un « procès politique ». Le parti, affaibli mais toujours actif, affirme que cette décision vise à écarter durablement ses anciens dirigeants de la scène publique. Ali Larayedh, qui fut aussi ministre de l’Intérieur, rejette les accusations, assurant n’avoir « jamais favorisé, ni de près ni de loin, les départs vers les zones de guerre ».

Ce jugement marque un tournant dans le traitement des responsabilités politiques liées à l’explosion du phénomène jihadiste en Tunisie après la révolution.

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