« Une si longue lettre » sur grand écran : Angèle Diabang réinvente Mariama Bâ pour une nouvelle génération

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« Une si longue lettre » sur grand écran : Angèle Diabang réinvente Mariama Bâ pour une nouvelle génération

L’un des plus grands classiques de la littérature africaine vient de faire son entrée dans l’univers du septième art. Une si longue lettre, œuvre phare de Mariama Bâ, a été portée à l’écran par la réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang. Le film, présenté jeudi dernier en avant-première nationale au Cinéma Pathé Dakar, a su capter l’essence d’un roman engagé et intemporel, tout en interrogeant la société contemporaine.

Une adaptation fidèle et audacieuse

Projeté simultanément dans quatre salles du complexe cinématographique, le long-métrage de 90 minutes a immédiatement suscité l’enthousiasme du public. À l’affiche dès ce week-end, les séances affichent presque toutes complet. Un engouement qui laisse présager un succès comparable à celui de Bak’s (1974), jusque-là détenteur du record d’entrées au Sénégal.

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Réalisé avec un souci de fidélité au texte original, le film d’Angèle Diabang s’inscrit dans la lignée de l’« école du soir » de Sembène Ousmane, visant à éduquer et éveiller les consciences à travers le cinéma. « Les jeunes ne lisent plus. Il était essentiel de faire découvrir ce récit et la complexité de la condition féminine par le biais de l’image », expliquait la cinéaste dès 2014, à la Fabrique des cinémas du monde du Festival de Cannes.

Un parcours de création semé d’embûches

La gestation du projet aura duré plus d’une décennie. Débuté en 2012, le processus de production a été long et parsemé d’obstacles, notamment en raison de la fragilité de l’écosystème cinématographique africain. Angèle Diabang a également dû faire face à la censure – une expérience déjà vécue avec Un air de Kora – et refuser certains financements conditionnés à un regard déformant ou avilissant.

Pour autant, elle est parvenue à concilier fidélité à l’œuvre littéraire et respect de la culture sénégalaise, tout en gardant une liberté artistique revendiquée. Le résultat est salué pour sa justesse, sa sensibilité et sa capacité à toucher plusieurs générations.

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Une reconnaissance internationale

Avant sa sortie nationale, Une si longue lettre avait déjà été sélectionné dans plusieurs festivals internationaux prestigieux. Il a été projeté en avant-première mondiale au Fespaco 2025 dans la section « Perspectives », et figure également dans la sélection officielle du Locarno Film Festival (Suisse), de l’African Film Festival de New York, du Dakhla Film Festival (Maroc), et d’événements en France et en Côte d’Ivoire.

Un héritage à double visage

Cette adaptation marque la deuxième transposition de l’œuvre au petit ou grand écran. Dans les années 1980, une première version télévisée avait été produite par la RTS avec la participation de la troupe Daraay Kocc, mettant en scène Amélie Mbaye dans le rôle de Ramatoulaye. La journaliste Reine Marie Faye, aujourd’hui décédée, en lisait les passages en voix off, marquant la mémoire de toute une génération.

Avec cette nouvelle version, plus actuelle et cinématographique, Angèle Diabang ravive l’héritage de Mariama Bâ tout en offrant une lecture contemporaine des problématiques soulevées par le roman : la condition des femmes, le poids des traditions, la modernité et l’émancipation.

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imam chroniqueur Babacar Diop

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