Une victoire oubliée : La bataille de Kut’ül Amare, symbole de la résistance ottomane face à l’Empire britannique

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Une victoire oubliée : La bataille de Kut'ül Amare, symbole de la résistance ottomane face à l’Empire britannique

La Turquie a récemment commémoré le 109e anniversaire d’un événement militaire historique méconnu mais crucial de la Première Guerre mondiale : la victoire ottomane à Kut’ül Amare.

Cet affrontement, souvent éclipsé par la célèbre bataille de Gallipoli, constitue pourtant l’un des épisodes les plus marquants de la guerre au Moyen-Orient. Il illustre la détermination et la résilience de l’armée ottomane face à l’un des plus puissants empires coloniaux de l’époque : la Grande-Bretagne.

L’histoire commence à la fin de l’année 1915, dans le contexte d’une poussée militaire britannique vers Bagdad. Les 22 et 23 novembre, les troupes britanniques essuient un revers lors de la bataille de Salman Pak, les contraignant à battre en retraite jusqu’à la ville stratégique de Kut, dans le sud de l’Irak actuel.

Cette position allait devenir le théâtre d’un siège long et éprouvant.Le 27 décembre 1915, sous le commandement du maréchal allemand Colmar Freiherr von der Goltz, rallié à l’armée ottomane, les forces turques encerclent la ville. Malgré plusieurs tentatives britanniques pour briser l’encerclement – notamment lors des batailles de Sheikh Saad et de la Vallée en janvier 1916 – les Ottomans tiennent bon, infligeant de lourdes pertes à l’ennemi.

En mars, de nouvelles offensives échouent, provoquant la destitution du général britannique Aylmer, incapable de desserrer l’étau.Après la mort du maréchal von der Goltz, le commandement est confié à Halil Pacha, qui poursuit le siège avec fermeté.

Le 19 avril 1916, il obtient une victoire décisive : la reddition du général britannique Charles Vere Ferrers Townshend, accompagné de plus de 13 300 soldats, dont plusieurs officiers supérieurs. L’historien britannique James Morris qualifia cette capitulation de « la reddition la plus méprisable de l’histoire militaire britannique ».Townshend proposa en vain une rançon pour la libération de ses troupes.

Les autorités ottomanes refusèrent, préférant maintenir les prisonniers. Dans ses lettres, le général britannique admit la vaillance de l’armée ottomane et exprima le souhait d’être transféré à Istanbul après sa reddition.

Le drapeau ottoman fut hissé triomphalement sur le siège du gouvernement local, marquant l’issue d’un siège de cinq mois qui mit à rude épreuve les forces britanniques.

Cette victoire, fruit d’un effort stratégique et logistique remarquable, renforça la réputation de l’armée ottomane, en particulier après les succès de Gallipoli.

Halil Pacha salua les troupes en déclarant que la victoire de Kut était digne d’être associée à celle de Çanakkale.

Par cet exploit, l’Empire ottoman prouvait sa capacité à résister face à une puissance impériale de premier plan, offrant à la Turquie contemporaine un symbole de courage et de mémoire collective.

La commémoration annuelle de cette victoire vise à rappeler l’héritage militaire du pays et à honorer ceux qui se sont battus pour défendre l’intégrité de la nation à un moment critique de son histoire.

imam chroniqueur Babacar Diop

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