Une voix de terrain pour la parité : six ans d’engagement municipal au féminin.
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Alors que les projecteurs se braquent progressivement sur les élections municipales de juillet 2025, une question s’impose avec une vigueur renouvelée : où en est la participation politique des femmes dans nos communes ?
Dans un paysage encore largement dominé par les hommes, certaines figures féminines se démarquent avec courage, humilité et détermination.
Dédé Akpedje Messan en fait partie. Conseillère municipale déléguée et officier d’état civil à la mairie Golfe 6, elle est de celles qui, sans tambour ni trompette, ont profondément marqué leur territoire par une gouvernance de proximité, faite d’écoute, d’efficacité et de plaidoyer. À travers cet entretien exclusif, elle revient sur six années de mandat intense, entre défis quotidiens et combats pour l’égalité.
Journaliste : Madame Messan, bonjour et merci pour cet échange. Qui êtes-vous, en quelques mots ?
Dédé Akpedje Messan : Bonjour et merci à vous. Je suis mère de trois enfants, en couple, et conseillère municipale déléguée. Je suis également signataire d’actes d’état civil. Cela fait maintenant six ans que je suis engagée dans cette mission, que j’ai exercée avec beaucoup de cœur, de rigueur et d’humilité.
Journaliste : Vous avez été l’une des rares femmes autour de la table du conseil municipal. Que retenez-vous de cette configuration ?
Dédé Akpedje Messan : Au départ, nous étions trois femmes élues. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que deux. La disparition tragique de l’une d’entre nous en février dernier reste une douleur vive. Mais dans ce contexte à majorité masculine, j’ai appris à faire entendre ma voix, non par la force, mais par la constance et le travail bien fait. Cette expérience a été un véritable tremplin d’apprentissage, un révélateur de potentiel.
Journaliste : Quelle approche avez-vous privilégiée dans l’exercice de votre mandat ?
Dédé Akpedje Messan : J’ai choisi d’être une élue de terrain. Être au contact des citoyens, c’est là que réside la vraie politique. J’ai œuvré pour l’assainissement, la valorisation d’espaces publics, et j’ai mis un point d’honneur à soutenir les associations locales. Le projet de jumelage avec Taverny, en France, nous a permis de bénéficier du programme Dis-moi grande terre, qui a renforcé nos capacités techniques et financières.
Journaliste : Vous n’étiez pas issue du monde politique. Comment avez-vous pris vos marques ?
Dédé Akpedje Messan : Je me suis formée sur le tas, en autodidacte. Des lectures, des voyages d’étude, des formations avec l’Agence française de développement à Marseille, mais aussi beaucoup de dialogues avec des élus expérimentés. J’ai acquis une solide compréhension des mécanismes institutionnels. Aujourd’hui, je suis plus stratégique, plus critique et surtout plus résiliente.
Journaliste : Votre parcours n’a sûrement pas été sans embûches…
Dédé Akpedje Messan : C’est certain. Entre les moyens financiers restreints, les lourdeurs administratives et la pandémie, il a fallu tenir bon. En tant que femme, jongler entre vie familiale et responsabilités politiques exige beaucoup. Je rends hommage à ma mère et à mon compagnon, qui ont été mes soutiens indéfectibles.
Journaliste : Vous avez été primée plusieurs fois. Que signifient pour vous ces reconnaissances ?
Dédé Akpedje Messan : Ces 16 prix, reçus dans la sous-région et aux États-Unis, récompensent une action de proximité. Mais ce qui m’importe le plus, c’est de sentir que j’ai pu changer des choses concrètes dans la vie des gens. C’est cela, le vrai prix.
Journaliste : Quels freins identifiez-vous à une participation accrue des femmes en politique locale ?
Dédé Akpedje Messan : Les obstacles sont systémiques : stéréotypes sexistes, poids des traditions, absence de soutien logistique et familial, accès inégal aux financements et à la visibilité… Sans parler des violences politiques basées sur le genre, encore trop banalisées. Ce climat décourage nombre de femmes brillantes à s’engager ou à persévérer.
Journaliste : Quels leviers faudrait-il actionner pour inverser la tendance ?
Dédé Akpedje Messan : Il faut une volonté politique ferme. Les lois sur la parité doivent être appliquées avec rigueur, les partis doivent cesser de reléguer les femmes en bas de liste. J’encourage aussi la société civile à renforcer l’accompagnement des femmes candidates. La baisse récente de la caution électorale est un geste appréciable, mais ce n’est qu’un début.
Journaliste : Un mot de conclusion ?
Dédé Akpedje Messan : La démocratie locale ne peut plus se permettre de se priver du regard, de l’expérience et de la sensibilité des femmes. Nous devons bâtir une gouvernance qui reflète toute la société. En juillet 2025, chaque voix, chaque bulletin, chaque candidature féminine comptera. Le combat pour la parité est un combat de civilisation.
Avec son franc-parler, sa constance dans l’engagement et son sens du devoir citoyen, Dédé Akpedje Messan incarne un autre visage de la politique locale : sobre, efficace, profondément humain. À la veille d’un nouveau scrutin municipal, son témoignage sonne comme un appel à sortir des discours convenus pour entrer dans l’action concrète. Car une démocratie forte ne se mesure pas seulement au nombre d’urnes installées, mais à la diversité des voix qui y prennent la parole. Parmi elles, la voix des femmes ne peut plus rester un écho lointain.
Remerciements à l’Association internationale des maires francophones et à l’initiative “Prix Égalité – Ville de Genève”, pour leur soutien indéfectible à la cause des femmes en politique.
Jean-Marc Ashraf EDRON













