Universités françaises : l’« islamo-gauchisme » ravive les divisions au sein du gouvernement

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Universités françaises : l’« islamo-gauchisme » ravive les divisions au sein du gouvernement

Par imam chroniqueur Babacar Diop

Le spectre de « l’islamo-gauchisme » continue de hanter le débat politique français. Dimanche 13 juillet, la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, a ravivé la polémique en affirmant, sur une chaîne publique, que ce courant idéologique existe bel et bien dans les universités françaises. Une déclaration qui entre en contradiction directe avec les propos récents du ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste.

Deux ministres, deux visions

Pour Élisabeth Borne, « l’islamo-gauchisme » serait une forme d’extrême gauche qui instrumentalise l’islam pour faire progresser des thèses communautaristes dans les milieux universitaires. Elle accuse notamment le parti La France Insoumise de favoriser des pratiques d’entrisme dans les facultés.

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À l’inverse, son collègue Philippe Baptiste s’était montré plus mesuré quelques jours plus tôt, estimant que le terme n’a aucune définition scientifique ou académique claire. Il reconnaissait néanmoins « certains abus », tout en réfutant l’idée d’un mouvement structuré infiltrant les institutions universitaires.

Un débat récurrent, un gouvernement divisé

La controverse rappelle celle déclenchée en 2021 par Frédérique Vidal, alors ministre de l’Enseignement supérieur, qui avait demandé une enquête sur l’« islamo-gauchisme » dans les universités. À l’époque déjà, le gouvernement s’était montré divisé sur la pertinence d’un tel concept.

La polémique refait surface dans un contexte tendu, quelques jours après la publication par le ministère de l’Intérieur d’un rapport évoquant les tentatives d’influence de groupes « fréristes » dans l’enseignement supérieur. Toutefois, ce document ne s’appuie sur aucune donnée chiffrée ni étude exhaustive, ce qui en limite la portée.

Une récupération politique

Les déclarations d’Élisabeth Borne ont été saluées dans les rangs de la droite française. Othman Nasrou, secrétaire général des Républicains, a applaudi sa position, estimant qu’ignorer le phénomène reviendrait à « faciliter l’entrisme idéologique ». L’ancien ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer est allé plus loin en comparant la négation du phénomène à celle de la rotondité de la Terre : « Ce courant existe dans la société, donc il est nécessairement présent à l’université », a-t-il affirmé.

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Une querelle sémantique aux enjeux idéologiques

Au-delà du désaccord entre ministres, la question de l’« islamo-gauchisme » cristallise des tensions plus profondes sur l’identité républicaine, la liberté académique et la place de l’islam dans la société française. Si pour certains, il s’agit d’une réalité dangereuse à combattre, pour d’autres, le terme sert à stigmatiser une frange militante et à étouffer les débats universitaires sur le racisme, le postcolonialisme et les discriminations.

imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

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