Ve République au Togo : l’opposition dénonce une dérive monarchique et un coup d’État constitutionnel

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Ve République au Togo : l’opposition dénonce une dérive monarchique et un coup d’État constitutionnel

Lomé, DUNIA News – Une profonde crise politique secoue le Togo à la suite de l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution marquant le passage du pays à la Ve République. L’opposition politique, les organisations de la société civile et une large partie de la population dénoncent ce qu’ils qualifient de « dérive monarchique » et de « coup d’État constitutionnel » orchestré par le président Faure Gnassingbé.

Le nouveau texte constitutionnel, adopté par l’Assemblée nationale en avril 2024 sans consultation populaire, a opéré un bouleversement du système politique togolais. Il remplace le régime présidentiel par un régime parlementaire. Désormais, le président de la République, élu par les députés pour un mandat unique de six ans, occupe une fonction essentiellement honorifique. Le véritable pouvoir exécutif est confié au président du Conseil des ministres, une fonction dépourvue de limitation de mandat.

Le 3 mai 2025, Faure Gnassingbé, président du Togo depuis 2005, a prêté serment en tant que président du Conseil des ministres, renforçant les soupçons d’une stratégie visant à prolonger indéfiniment son règne. Pour l’opposition, cette manœuvre constitue une confiscation du pouvoir par une seule famille, celle des Gnassingbé, au pouvoir depuis 1967 avec feu Gnassingbé Eyadéma.

Dans une déclaration conjointe, les principaux partis d’opposition, accompagnés d’acteurs de la société civile, ont dénoncé une « prise de pouvoir monarchique déguisée » et appelé à une mobilisation citoyenne contre ce qu’ils considèrent comme une violation grave de l’ordre constitutionnel. Plusieurs manifestations ont eu lieu à Lomé et dans d’autres villes du pays, malgré les interdictions des autorités. Des centaines de personnes ont été arrêtées lors de ces rassemblements.

Le 3 mars 2025, une Charte de résistance a été signée par les forces démocratiques togolaises, appelant à restaurer la Constitution de 1992, jugée plus démocratique et respectueuse de la souveraineté populaire. L’opposition exige également l’organisation d’un référendum pour toute réforme d’une telle ampleur, conformément aux principes démocratiques.

Dans un contexte où la liberté d’expression est de plus en plus restreinte et les contre-pouvoirs affaiblis, cette réforme institutionnelle soulève de sérieuses inquiétudes au plan national et international. Des organisations de défense des droits humains et plusieurs chancelleries étrangères ont exprimé leur préoccupation face à l’évolution politique du Togo.

Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis près de 20 ans, semble vouloir redéfinir les contours de l’État togolais à son image. Mais l’opposition n’entend pas baisser les bras. Elle appelle à une mobilisation nationale et pacifique pour défendre les acquis démocratiques arrachés de haute lutte depuis les années 1990.

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