Venezuela : l’intervention américaine fragilise l’influence chinoise et redessine la carte énergétique

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Venezuela : l’intervention américaine fragilise l’influence chinoise et redessine la carte énergétique

L’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro, survenue le 3 janvier 2026 à la suite d’une intervention militaire des États-Unis, marque un tournant majeur dans l’équilibre géopolitique de l’Amérique latine. Au-delà de la crise politique interne au Venezuela, cette opération de force porte un coup sérieux aux intérêts stratégiques de la Chine, partenaire clé de Caracas depuis plus d’une décennie.
Selon des informations relayées par l’agence Anadolu, cette action américaine plonge les relations sino-vénézuéliennes dans une profonde incertitude. Pékin avait pourtant hissé sa coopération avec Caracas au rang de « partenariat stratégique en toutes circonstances », fondé principalement sur des accords de financement adossés aux livraisons de pétrole. Désormais, la prise de contrôle progressive des ressources énergétiques vénézuéliennes par Washington menace directement ces mécanismes, tout en affaiblissant la présence chinoise dans une région où elle avait patiemment étendu son influence.

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Le Venezuela détient les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à 303 milliards de barils. Avant le blocus militaire instauré en décembre 2025, la Chine absorbait plus de 80 % des exportations pétrolières du pays, souvent via des circuits indirects destinés à contourner les sanctions américaines. Si les grandes entreprises publiques chinoises faisaient preuve de prudence, plusieurs raffineries indépendantes continuaient de traiter le brut vénézuélien, essentiel au remboursement de la dette contractée par Caracas auprès de Pékin, évaluée entre 17 et 19 milliards de dollars.
Les engagements financiers chinois au Venezuela sont considérables. Depuis 2007, la Banque de développement de Chine a accordé près de 60 milliards de dollars de prêts, principalement destinés au secteur énergétique. Par ailleurs, des géants comme la CNPC et Sinopec détiennent des participations significatives dans plusieurs gisements pétroliers stratégiques du pays.
Face à l’intervention américaine — perçue par de nombreux analystes comme un retour assumé à la doctrine Monroe sous la présidence de Donald Trump — la Chine a officiellement condamné l’usage de la force et réclamé la libération de Nicolás Maduro. Toutefois, malgré ces protestations diplomatiques, Pékin pourrait limiter sa riposte. En effet, le brut vénézuélien ne représente qu’une part marginale des importations totales de la Chine, ce qui réduit son exposition économique directe.

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Cette crise illustre néanmoins une réalité plus large : la compétition mondiale pour l’influence énergétique et géopolitique s’intensifie. En perdant un allié stratégique en Amérique latine, la Chine voit s’éroder un levier important face aux États-Unis, tandis que Washington consolide son emprise sur une région historiquement considérée comme sa zone d’influence privilégiée.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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