Violences numériques : un fléau silencieux qui menace l’âme et la société

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Violences numériques : un fléau silencieux qui menace l’âme et la société

Le lancement des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre dans le numérique (VBGN), tenu mardi à Gorée, révèle un phénomène trop souvent invisible mais dévastateur. Une femme est tuée toutes les dix minutes dans le monde à cause de violences, y compris celles perpétrées en ligne.

Les formes de violences numériques

Mme Rabya Khouma, digital manager à Ascan Santé, a recensé neuf formes principales :

Cyberharcèlement

Partage non consenti d’images intimes

Cyberstalking ou pistage

Montages par intelligence artificielle

Doxing

Extorsion et chantage

Body shaming

Exploitation des mineurs en ligne

Usurpation d’identité numérique

Certaines touchent particulièrement les jeunes femmes, fragilisant leur confiance et leur sécurité. Comme je l’affirme souvent : « Chaque clic malveillant laisse une trace invisible dans le cœur et l’esprit de nos filles. La violence numérique n’est jamais anodine. »

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Le savant Cheikh Ahmadou Bamba Ndiaye rappelle : « Protéger la dignité des femmes, dans tous les espaces, est un devoir moral et spirituel » (Éthique et société moderne, 2022, p. 85).

Impact sur la santé mentale et sociale

Mme Mame Fatou Diop, présidente de Werouwaye, souligne les conséquences psychologiques : stress permanent, troubles du sommeil, hypervigilance, fatigue mentale, isolement, anxiété, dépression et pensées suicidaires. Elle précise que ces violences limitent la capacité des femmes à exprimer leur leadership et à saisir des opportunités économiques.

Le psychologue Dr. Oumar Sow confirme : « L’agression numérique provoque un traumatisme durable, comparable à celui des violences physiques » (Cyberpsychologie et société, 2023, p. 78).

Ma conviction personnelle : « Ignorer la souffrance invisible de nos filles, c’est affaiblir l’âme de notre communauté. Protéger leur esprit est une responsabilité collective. »

Une génération connectée mais vulnérable

Adja Gaita Ndour, ambassadrice de l’Agenda national Filles, insiste : « La violence numérique ne laisse ni bleu ni cicatrice, mais elle détruit des vies ». Elle décrit une jeunesse confrontée à l’humiliation et parfois poussée vers des pratiques dangereuses comme la dépigmentation ou la chirurgie esthétique.

Le Coran nous enseigne :

« Et ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté ; c’est Nous qui pourvoyons à leur subsistance comme à la vôtre » (Sourate Al-An’am, 6:151).
Cette injonction nous rappelle que protéger la vie et l’intégrité de nos enfants et de nos filles est un devoir sacré.

Données mondiales et locales

Mme Hélène De Bock, ambassadrice de Belgique au Sénégal, souligne que 316 millions de femmes dans le monde ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours des 12 derniers mois. Au Sénégal, 31,9 % des femmes ont subi au moins une forme de violence selon l’ANSD.

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Mobilisation et sensibilisation

Enabel prévoit des formations pour les forces de défense et de sécurité, des émissions sur les violences numériques, des caravanes de sensibilisation, des ateliers communautaires et une formation pour 40 journalistes.

Le maire de Gorée, Me Augustin Senghor, affirme : « La lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas l’affaire des femmes seules. Les hommes doivent être au premier rang ». Gorée symbolise ce message : « Les femmes détiennent ce qui fait battre nos vies : le cœur ».

Réflexion spirituelle et sociale

Dans mes écrits, je souligne : « Protéger nos filles et nos femmes, même dans le virtuel, est une obligation morale. Une société qui laisse les violences numériques se propager abandonne son avenir ».

Serigne Touba rappelait : « La justice et le respect envers les femmes sont les fondements de la paix sociale. Qui ne protège pas la dignité des femmes détruit l’équilibre de sa communauté ».

Le Cheikh contemporain Cheikh Tidiane Niane ajoute : « Chaque action pour prévenir ou réparer un dommage, même invisible, contribue à la justice et à l’équilibre social » (Éthique et société moderne, 2021, p. 112).

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Le Prophète Muhammad ﷺ a enseigné : « Le meilleur des hommes est celui qui traite le mieux les femmes » (Hadith, Sahih al-Bukhari). Cette guidance montre que respect et protection des femmes, même dans le numérique, est un impératif moral et religieux.

Pour conclure : « Sensibilisation, vigilance et éducation sont nos armes. Une génération numérique protégée aujourd’hui est une société plus juste et plus résiliente demain ».

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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