Washington : Le Sénégal entame des négociations avancées pour un nouveau programme avec le FMI et la Banque mondiale
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À l’occasion des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, une délégation de haut niveau du gouvernement sénégalais a rencontré, ce lundi 21 avril 2025 à Washington, la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva. L’objectif : poser les jalons d’un nouveau partenariat stratégique entre le Sénégal et les institutions de Bretton Woods.
La délégation sénégalaise, conduite par le Ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, était composée du Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, du Ministre Secrétaire général du Gouvernement, Ahmadou Al Aminou Lo, et du Directeur national de la BCEAO pour le Sénégal, François Sène.
Un signal fort en faveur de la transparence et de la réforme
Cette rencontre s’inscrit dans un contexte économique et politique particulier pour le Sénégal, marqué par une transition institutionnelle, une relance post-Covid encore inachevée, et des défis budgétaires grandissants. Les autorités sénégalaises entendent désormais asseoir un nouveau programme de coopération basé sur trois piliers : la transparence dans la gestion publique, la responsabilité budgétaire, et la mise en œuvre de réformes structurelles profondes.
« Cette nouvelle dynamique vise à renforcer la crédibilité économique du pays, à consolider la stabilité macroéconomique et à accélérer la transformation structurelle de l’économie nationale », confie une source gouvernementale présente à Washington.
Un programme aligné sur les ambitions du PAP3
Le futur programme est censé s’aligner avec les priorités définies dans le Plan d’Actions Prioritaires ajusté et accéléré (PAP3), qui constitue la feuille de route du Sénégal à l’horizon 2029. Il met notamment l’accent sur la consolidation des acquis sociaux, la transformation du tissu productif local, la transition énergétique, et la maitrise de l’endettement.
Dans les couloirs du FMI, les discussions ont aussi porté sur la nécessité de renforcer les dispositifs de protection sociale, de dynamiser l’investissement privé, et de faire avancer les projets liés à la gouvernance numérique, considérée comme un levier d’efficacité dans la gestion publique.
Une coopération technique et financière élargie
En marge de la rencontre avec le FMI, la délégation sénégalaise a également échangé avec plusieurs hauts responsables de la Banque mondiale. Ces entretiens ont porté sur le financement de grands projets structurants, en particulier dans les secteurs des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie verte, et de l’éducation.
Des pistes concrètes ont été évoquées, notamment autour de la mise en place de mécanismes de financements innovants pour les collectivités locales, de l’élargissement de l’accès au crédit pour les PME, et du renforcement des capacités techniques des administrations publiques.
Un retour vers les partenaires internationaux sous de nouveaux auspices
Pour de nombreux observateurs, cette initiative du gouvernement sénégalais marque un tournant après des années d’ambivalence envers les institutions de Bretton Woods. Alors que des discours critiques avaient auparavant remis en question la pertinence du recours au FMI ou à la Banque mondiale, le ton semble désormais avoir changé.
Cette volonté de renouer un dialogue de confiance et de transparence est perçue par les milieux économiques comme un signal positif envoyé aux investisseurs et aux partenaires techniques et financiers. « Il est essentiel de rassurer sur la trajectoire budgétaire du pays, tout en maintenant l’élan de croissance », souligne un économiste sénégalais basé à Paris.
Prochaines étapes
Les négociations techniques se poursuivront dans les prochaines semaines, en vue d’aboutir à un accord formel sur le programme. Celui-ci pourrait donner lieu à un appui budgétaire conséquent, mais également à des instruments financiers conditionnés à des objectifs de performance précis.
Le Sénégal espère ainsi renforcer sa résilience économique, tout en préservant l’équilibre social dans un contexte où les attentes citoyennes sont fortes. Une gageure que le nouveau gouvernement devra relever avec rigueur et lucidité.
Imam chroniqueur Babacar Diop













