Zakaat au Sénégal : un trésor de 500 milliards de F CFA pour une solidarité nationale durable
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Chaque année, le Sénégal verrait circuler près de 500 milliards de francs CFA issus de la Zakaat, selon l’expert en finance islamique Abdoulaye Lam, directeur général du cabinet Global Islamic Finance and Transactions (GIFT). Cette révélation, faite lors d’un atelier de formation organisé le 22 octobre 2025 avec le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES), remet au goût du jour la question de l’exploitation des ressources issues de la finance islamique pour renforcer les politiques sociales de l’État.
Pour M. Lam, ces fonds, s’ils étaient bien structurés et canalisés, pourraient devenir un levier de financement efficace pour les bourses familiales et la couverture maladie universelle (CMU).
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« Le gouvernement parle de restructuration des bourses familiales. Je pense que c’est une opportunité pour l’État d’utiliser la Zakaat et le Waqf pour financer ces programmes de façon beaucoup plus consistante », a-t-il souligné.
En effet, la finance islamique, basée sur des principes de solidarité, d’éthique et de transparence, offre des instruments alternatifs au modèle financier conventionnel. Le Waqf (fondation pieuse) et la Zakaat (aumône obligatoire) pourraient, selon les spécialistes, permettre de mieux redistribuer les richesses dans une société où seulement 22 % de la population adulte est bancarisée, selon les chiffres du COJES.
Le secrétaire exécutif de l’Observatoire de la qualité des services financiers (OQSF), Papa Amadou Diagne, a, pour sa part, rappelé que cette approche est « parfaitement alignée avec les défis socio-économiques actuels ».
« La finance islamique repose sur des valeurs de responsabilité et de justice sociale ; elle peut contribuer à une économie plus inclusive », a-t-il précisé.
À l’échelle mondiale, la dynamique est impressionnante : entre 2015 et 2021, la taille des actifs de la finance islamique a doublé, passant de 2 000 milliards à près de 4 000 milliards de dollars, une croissance que les pays africains tardent encore à exploiter pleinement.
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Le coordonnateur du COJES, Dialigué Faye, a quant à lui qualifié la finance islamique de « levier stratégique pour l’inclusion financière ». Il a souligné son rôle dans la lutte contre l’exclusion économique, notamment pour les jeunes entrepreneurs, les femmes et les ménages modestes opérant dans l’économie informelle.
« Les journalistes économiques ont la responsabilité d’informer et d’éclairer le public sur ces modèles alternatifs, capables de promouvoir un développement plus juste et plus solidaire », a-t-il conclu.
Ainsi, au moment où l’État sénégalais cherche à diversifier ses sources de financement social, la Zakaat apparaît non seulement comme un pilier spirituel de la redistribution, mais aussi comme une ressource stratégique pour bâtir une solidarité nationale durable, fidèle à l’esprit du Coran :
« Prélevez de leurs biens une aumône par laquelle tu les purifies et les bénis » (Sourate At-Tawba, verset 103).
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Une orientation que de nombreux érudits, tels que Cheikh Ahmadou Bamba, avaient déjà soulignée :
« La richesse n’est une bénédiction que lorsqu’elle sert à soulager autrui », écrivait-il dans ses Khassaïdes.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













