Algérie–Espagne : un front commun contre la migration clandestine

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Algérie–Espagne : un front commun contre la migration clandestine

Par Imam Babacar Diop, chroniqueur

À l’heure où les routes migratoires se transforment en couloirs de drames humains, l’Algérie et l’Espagne ont choisi de raviver une coopération sécuritaire stratégique. Réunis ce lundi à Alger, le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, et son homologue espagnol, Fernando Marlaska-Grande Gómez, ont convenu de réactiver le protocole bilatéral sur la circulation des personnes et le retour des migrants clandestins.

Selon le ministre Sayoud, « l’Algérie et l’Espagne partagent la même vision et la même approche en matière de lutte contre la migration illégale ». Cette convergence s’inscrit dans un contexte où la Méditerranée continue d’être le théâtre de tragédies récurrentes.

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Les autorités algériennes affirment avoir stoppé près de 100 000 migrants en 2024, tandis que 82 000 personnes en situation irrégulière ont été reconduites à la frontière en 2025. Des programmes de retour volontaire, en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ont également permis à 8 500 migrants en 2024 et 7 000 en 2025 de rentrer dignement dans leur pays d’origine.

Pour Sayoud, « ces chiffres prouvent que l’Algérie n’utilise pas la migration clandestine comme une carte de pression politique ». Une manière de réaffirmer la responsabilité partagée entre pays de départ, de transit et de destination.

Son homologue espagnol, Fernando Marlaska, a salué « les efforts des autorités algériennes en matière de lutte contre la migration clandestine, de respect des droits de l’homme et de combat contre les réseaux criminels », tout en qualifiant l’Algérie de « partenaire clé et stratégique ».

Analyse et regard croisé

Cette coopération s’inscrit dans une dynamique plus large où la sécurité et la dignité humaine doivent coexister. Comme le souligne le politologue François Héran dans L’Europe et le spectre des migrations (Seuil, 2023, p. 117), « la gestion migratoire ne peut être efficace que si elle s’appuie sur un équilibre entre contrôle des frontières et respect des droits fondamentaux ».

De son côté, le sociologue Abdelmalek Sayad rappelait déjà dans La double absence (Seuil, 1999, p. 15) que « l’émigration est d’abord un fait social total, révélateur des déséquilibres économiques, politiques et symboliques entre les nations ».

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Réflexion spirituelle et morale

Dans une perspective éthique, l’islam exhorte à la protection de la vie et de la dignité humaine. Le Coran déclare :

« Quiconque sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé toute l’humanité » (Sourate 5, verset 32).

Et selon Ibn al-Qayyim, « gouverner, c’est veiller à ce que les intérêts des créatures soient préservés et que la miséricorde prime sur la contrainte » (I‘lām al-Muwaqqi‘īn, vol. 4, p. 372).

C’est dire que la lutte contre la migration irrégulière ne saurait se réduire à une question de contrôle : elle appelle à une politique de solidarité, de développement partagé et de dignité humaine.

Conclusion de l’auteur

Comme je l’écrivais dans une de mes chroniques précédentes, « on ne ferme pas les routes de l’exil sans ouvrir les chemins de l’espoir ». La coopération entre Alger et Madrid, si elle se fonde sur la justice, la transparence et le respect mutuel, peut devenir un modèle de gestion humaine et responsable des mobilités contemporaines.

— Imam chroniqueur Babacar Diop

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