
À quelques heures du deuxième congrès ordinaire des Démocrates, organisé les 10 et 11 octobre à Porto-Novo, l’ancien vice-président du parti Éric Houndété et plusieurs autres responsables ont officialisé leur démission. Ils dénoncent une accumulation de difficultés stratégiques, organisationnelles et statutaires. La direction du parti, conduite par Nourénou Atchadé, relativise toutefois la portée de ces départs, survenus dans un contexte de profondes divisions internes.
Nouvelle secousse au sein du parti Les Démocrates au Bénin. Le vendredi 9 octobre 2026, plusieurs cadres de cette formation politique ont annoncé leur départ collectif, marquant une nouvelle étape dans la crise qui fragilise le parti depuis plusieurs mois.
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Parmi les personnalités concernées figure Éric Houndété, ancien premier vice-président de la formation et figure importante de son organisation. À ses côtés, plusieurs responsables, dont Jude Lodjou et Saliou Akadiri, ont également acté leur rupture avec le parti. Ces départs s’inscrivent dans la dynamique du courant politique appelé « Pacte républicain », constitué après les difficultés rencontrées par Les Démocrates pour participer à l’élection présidentielle d’avril 2026.
Selon les informations rapportées par Bip Radio et reprises par plusieurs médias béninois, environ 25 membres du bureau national ou de la coordination nationale seraient concernés, auxquels s’ajouteraient d’autres militants. D’autres publications évoquent également le retrait de plus de 200 coordonnateurs d’arrondissements. Ces chiffres ne désignent pas nécessairement les mêmes catégories de responsables et doivent donc être distingués.
« Nous avons donc choisi de partir » : les démissionnaires exposent leurs griefs
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Dans leur déclaration rendue publique à Cotonou, les démissionnaires expliquent que leur décision ne résulte pas d’une réaction précipitée. Ils la présentent plutôt comme l’aboutissement d’un processus marqué par des désaccords répétés et une perte progressive de confiance dans le fonctionnement du parti.
Ils évoquent notamment des revers électoraux qu’ils jugent historiques, un manque d’anticipation stratégique, des dysfonctionnements organisationnels, des controverses autour des textes internes ainsi que des fractures entre responsables.
« Nous avons donc choisi de partir. Non par désertion. Par cohérence », écrivent-ils dans leur déclaration.
Pour les signataires, les difficultés accumulées auraient fini par rendre impossible la poursuite de leur engagement au sein de la formation. Ils affirment avoir tenté de faire entendre leurs préoccupations et d’obtenir des changements avant de prendre la décision de quitter le parti.
Leur démarche se veut ainsi, selon leurs propres termes, une décision politique assumée plutôt qu’un simple geste de protestation. Ils disent vouloir poursuivre leur engagement en dehors des Démocrates, notamment au sein du courant Pacte républicain.
Le soutien à Wadagni, un point de rupture majeur
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La crise s’est accentuée autour des choix politiques opérés à l’approche de la présidentielle d’avril 2026. Après le rejet du dossier de candidature des Démocrates, plusieurs responsables du parti ont affiché leur soutien au duo formé par Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, candidats de la mouvance présidentielle.
Cette prise de position a creusé les divergences avec la direction du parti. Les responsables concernés défendent leur choix comme une orientation politique assumée, tandis que les instances dirigeantes leur ont reproché leur positionnement.
Selon le média béninois Banouto, Éric Houndété, Jude Lodjou et plusieurs autres cadres avaient été suspendus des activités du parti depuis la fin du mois de mars 2026. Cette décision aurait été entérinée par le Conseil national réuni le 4 avril suivant.
La démission collective intervient donc dans un climat où les divergences ne portent plus uniquement sur la stratégie électorale. Elles concernent également la gouvernance du parti, le respect de ses règles internes et la manière dont ses responsables doivent prendre les décisions importantes.
Nourénou Atchadé minimise la portée des départs
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La réaction du président des Démocrates, Nourénou Atchadé, ne s’est pas fait attendre. Interrogé par Banouto le vendredi 9 octobre, il a minimisé les conséquences de cette vague de démissions.
« Cela ne nous fait ni froid ni chaud », a-t-il déclaré au média béninois.
Le responsable rappelle que plusieurs des démissionnaires étaient déjà sous le coup de sanctions internes. Selon lui, le congrès ordinaire prévu à Porto-Novo devait se prononcer sur leur situation.
Nourénou Atchadé estime ainsi que ces départs pourraient être liés à la perspective d’une éventuelle exclusion. Cette lecture contraste avec celle des démissionnaires, qui présentent leur décision comme le résultat de désaccords politiques et organisationnels devenus, à leurs yeux, insurmontables.
Les deux camps défendent donc des interprétations différentes de la rupture : d’un côté, des responsables qui dénoncent une crise de gouvernance et une perte de confiance ; de l’autre, une direction qui rappelle l’existence de sanctions internes et conteste implicitement la portée politique de leur départ.
Une crise qui remonte aux difficultés électorales et à la succession de Boni Yayi
Ces nouvelles démissions ne constituent pas un épisode isolé. Elles s’inscrivent dans une période de turbulences pour Les Démocrates, formation fondée par l’ancien président béninois Boni Yayi.
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Le parti a notamment été fragilisé par son incapacité à présenter un duo de candidats à l’élection présidentielle d’avril 2026. Cette difficulté est intervenue après plusieurs départs de parlementaires et dans un contexte de recomposition de la scène politique béninoise.
Le retrait de Boni Yayi de la présidence du parti, annoncé en mars 2026 pour des raisons de santé, a également ouvert une période de transition. Éric Houndété avait alors assuré l’intérim avant que Nourénou Atchadé ne soit porté à la tête de la formation par les instances du parti.
Cette succession a cependant été contestée par le camp d’Éric Houndété, qui a engagé une procédure judiciaire. Les désaccords autour de la direction ont ainsi ajouté une dimension institutionnelle à une crise déjà alimentée par les divergences stratégiques et électorales.
Au fil des mois, les tensions ont donc dépassé la seule question de la participation à la présidentielle pour toucher à la direction du parti, à ses règles de fonctionnement et à son avenir politique.
Un congrès organisé dans un climat de divisions
Le deuxième congrès ordinaire des Démocrates s’est tenu les 10 et 11 octobre 2026 à Porto-Novo, dans ce contexte de départs et de contestations. La rencontre devait permettre aux militants de faire le bilan du parcours du parti, de renouveler ses instances et de définir les orientations pour la suite.
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Selon La Nouvelle Tribune, les travaux ont été placés sous le thème : « Bâtir un parti plus uni et restaurer la confiance avec le peuple : Les Démocrates déterminés à défendre la démocratie et la justice sociale ».
Au cours de ce congrès, Nourénou Atchadé a été désigné par consensus pour conduire le parti, selon des informations publiées par la presse béninoise le 11 octobre. Il a notamment mis en avant la nécessité de restaurer la cohésion interne, de réorganiser les structures et de renouer la confiance avec les citoyens.
Cette volonté de relance intervient alors que la formation doit composer avec le départ de plusieurs personnalités qui avaient participé à son développement. La question demeure donc de savoir comment la direction pourra remobiliser les militants et préserver l’implantation du parti après ces ruptures.
Quel avenir pour Les Démocrates ?
Le départ d’Éric Houndété et de plusieurs cadres constitue un nouveau défi pour Les Démocrates. Au-delà du nombre exact de responsables concernés, cette démission collective met en évidence la profondeur des désaccords qui traversent la formation.
Pour les démissionnaires, le départ doit permettre de poursuivre leur engagement politique dans un cadre qu’ils estiment davantage conforme à leurs convictions. Pour la direction, l’enjeu est désormais de consolider les structures restantes et de mettre en œuvre les orientations annoncées lors du congrès.
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La suite dépendra notamment de la capacité du parti à rétablir un fonctionnement interne accepté par ses militants, à clarifier ses choix stratégiques et à reconstruire sa crédibilité après les revers électoraux de 2026.
Une chose apparaît néanmoins clairement : les départs du 9 octobre ne sont pas seulement une série de démissions individuelles. Ils illustrent une crise plus profonde sur la stratégie, la gouvernance et la direction d’un parti qui cherche à redéfinir sa place dans la vie politique béninoise.
Rédaction DUNIA NEW’S















