
Yaoundé, Cameroun – Plus de dix-huit ans après son arrestation, l’ancien secrétaire général de la présidence de la République et ex-ministre des Affaires étrangères, Jean-Marie Atangana Mebara, demeure l’une des figures les plus emblématiques et controversées de l’Opération Épervier, vaste campagne de lutte contre la corruption lancée au Cameroun.
L’ancien haut responsable de l’État purge plusieurs peines cumulées liées à l’affaire dite « Albatros », du nom de l’avion présidentiel dont l’acquisition a donné lieu à l’un des plus grands scandales politico-financiers du pays.
Au cœur du dossier figure une avance de 31 millions de dollars destinée à l’achat d’un nouvel avion présidentiel. Selon les enquêtes judiciaires, ces fonds auraient disparu après leur transfert à une société intermédiaire chargée de faciliter l’acquisition de l’appareil auprès du constructeur Boeing.
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Alors secrétaire général de la présidence, Jean-Marie Atangana Mebara s’est retrouvé impliqué dans la gestion du dossier. La justice lui a notamment reproché d’avoir autorisé certaines démarches visant à sécuriser les fonds litigieux et d’avoir réaffecté un second acompte d’environ 2,9 milliards de FCFA à la location d’un avion destiné aux déplacements du chef de l’État.
En septembre 2007, alors qu’il occupait le poste de ministre des Affaires étrangères, il est brusquement évincé du gouvernement. Son départ intervient après une réponse particulièrement ferme adressée à plusieurs pays occidentaux ayant critiqué le déroulement des élections législatives et municipales camerounaises de la même année.
Moins d’un an plus tard, en août 2008, il est arrêté puis placé en détention à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé.
Au fil des procédures judiciaires, Jean-Marie Atangana Mebara sera condamné dans plusieurs affaires distinctes. Les tribunaux lui infligeront notamment des peines pour tentative de détournement de fonds publics, malversations financières et détournement présumé de deniers publics dans le cadre du dossier de l’avion présidentiel.
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Ses défenseurs soutiennent depuis plusieurs années qu’il a été condamné pour avoir pris des décisions administratives dans un contexte complexe et qu’il n’aurait tiré aucun bénéfice personnel des opérations qui lui sont reprochées. Plusieurs organisations de défense des droits humains ainsi que certains observateurs internationaux ont également exprimé des réserves sur l’équité de certaines procédures engagées contre lui.
La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a d’ailleurs estimé que certains de ses droits fondamentaux avaient été violés au cours de son procès et a recommandé sa libération. Une décision qui n’a toutefois pas été suivie d’effet par les autorités camerounaises.
Aujourd’hui encore, l’affaire Albatros demeure l’un des dossiers judiciaires les plus controversés de l’histoire récente du Cameroun. Pour certains, Jean-Marie Atangana Mebara symbolise la lutte contre l’impunité. Pour d’autres, il reste l’exemple d’un haut fonctionnaire devenu victime de rivalités politiques au sommet de l’État.
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Près de deux décennies après le début de cette affaire, les débats restent vifs et les interrogations nombreuses sur les responsabilités réelles de chacun dans ce scandale qui continue de marquer la vie politique camerounaise.
Rédaction : Tossoukpe Frédéric Herman
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