
La tension qui couvait depuis plusieurs semaines à Zoétélé a explosé mardi soir après la décision du parquet de Sangmélima de remettre en liberté le couple cité dans l’affaire de la mort de Marie Patience Dikamba.
Quelques heures après cette décision judiciaire, le magasin « Inter-Espace », appartenant à Flavien Kamdem Nziko, opérateur économique bien connu dans la localité et présenté par une partie de la population comme le principal suspect dans cette affaire, a été vandalisé par une foule en colère. Des biens ont été détruits et emportés dans une scène de chaos qui a rapidement embrasé les réseaux sociaux.
Depuis la découverte du corps de Marie Patience Dikamba fin mars près de la mairie de Zoétélé, l’émotion ne cessait de grandir dans cette commune du Dja-et-Lobo. La jeune femme avait été retrouvée morte dans des circonstances particulièrement troublantes, provoquant indignation et nombreuses interrogations au sein de la population.
Selon plusieurs sources locales, le certificat médical établi après les faits évoquait une « mort accidentelle ». Mais sur le terrain, cette conclusion n’a jamais suffi à calmer les soupçons. Dans les quartiers comme sur WhatsApp, beaucoup continuaient de réclamer des explications plus claires sur les circonstances exactes du décès.
Mardi soir, l’annonce de la libération du couple a été perçue par une partie de la population comme un abandon du dossier. Très vite, des groupes de jeunes, rejoints par des proches de la victime et d’autres habitants venus de différents secteurs, se sont dirigés vers le commerce de Flavien Kamdem Nziko.
Contrairement à certaines publications relayées en ligne, aucun quartier entier n’a été attaqué et aucun soulèvement généralisé contre une communauté n’a été observé sur place. Le principal acte de violence enregistré concerne le commerce du suspect présumé.
Sur le terrain, plusieurs habitants dénoncent aujourd’hui ce qu’ils considèrent comme une tentative de récupération communautaire autour de cette affaire. Depuis mardi soir, des messages circulant sur les réseaux sociaux tentent en effet de présenter les événements comme une attaque ciblée contre les Bamiléké.
Une version rejetée par plusieurs témoins rencontrés à Zoétélé, qui rappellent que parmi les personnes impliquées dans les actes de vandalisme figuraient des individus de diverses origines, dont des proches de la victime. Pour beaucoup, la mobilisation de mardi relevait avant tout d’une colère populaire nourrie par un sentiment d’injustice autour de la mort de Marie Patience Dikamba.
Dans la ville, le climat reste tendu. Des habitants disent craindre de nouveaux débordements tandis que d’autres appellent désormais les autorités à communiquer clairement sur l’évolution de l’enquête afin d’éviter que les rumeurs et les interprétations ethniques ne prennent le dessus sur les faits.
Car à Zoétélé, une partie de la population estime aujourd’hui qu’au-delà des discours tribaux qui enflamment les réseaux sociaux, une question demeure au centre de tout : que s’est-il réellement passé le jour de la mort de Marie Patience Dikamba ?
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Celine Dou















