Douala – Le Cameroun est confronté à une évolution préoccupante de l’épidémie de Mpox. Un nourrisson âgé de seulement 14 jours est décédé à Douala après avoir été infecté par le virus, selon les autorités sanitaires camerounaises. Ce décès, annoncé le vendredi 10 juillet, constitue le premier cas mortel enregistré chez un nouveau-né depuis le début de l’épidémie dans le pays et renforce les inquiétudes quant à la vulnérabilité des très jeunes enfants face à cette maladie.

Jusqu’à présent, les autorités sanitaires n’avaient signalé aucun décès parmi les cas confirmés de Mpox au Cameroun. La disparition de ce nourrisson marque donc un tournant dans la gestion de l’épidémie.
Le ministère de la Santé publique a indiqué que ce drame a conduit à un renforcement immédiat des mesures de riposte, notamment dans la ville de Douala, considérée comme l’épicentre actuel de la circulation du virus.
Selon les données communiquées par les services de santé, la région du Littoral concentre environ 65 % des cas confirmés au niveau national, avec 25 cas recensés dans 11 districts de santé. Cette concentration des infections explique l’intensification des interventions sanitaires dans cette partie du pays.

Avant même l’annonce de ce décès, le ministère de la Santé publique avait lancé, le 8 juillet, une campagne de vaccination ciblée destinée aux professionnels de santé les plus exposés au virus, notamment à l’Hôpital Laquintinie de Douala.
Cette stratégie vise en priorité les personnels médicaux intervenant auprès des patients infectés afin de réduire les risques de transmission dans les établissements de santé.
Parallèlement, le Système de gestion de l’incident (SGI), activé depuis janvier 2026, coordonne la surveillance épidémiologique, le suivi des cas et la prise en charge des personnes contaminées. Des unités d’isolement ont également été mises en place dans plusieurs structures hospitalières de Douala, notamment à Japoma, afin d’accueillir rapidement les cas suspects.
Le Mpox, anciennement appelé variole du singe, est une maladie virale provoquée par un virus appartenant à la même famille que celui de la variole. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les symptômes les plus fréquents sont une forte fièvre, des ganglions enflés, des douleurs musculaires, une fatigue importante ainsi qu’une éruption cutanée évoluant progressivement vers des croûtes.
Si la majorité des patients guérissent après quelques semaines avec une prise en charge adaptée, certaines catégories de personnes présentent un risque plus élevé de développer des formes graves, notamment les nouveau-nés, les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées.
Comment le virus se transmet-il ?
Les autorités sanitaires rappellent que le Mpox se transmet principalement par un contact étroit avec une personne infectée ou avec des objets contaminés.
La transmission peut intervenir :
– par contact direct avec les lésions cutanées ou les croûtes d’une personne malade ;
– par les sécrétions respiratoires lors de contacts prolongés et rapprochés ;
– par des vêtements, draps, serviettes ou autres objets contaminés ;
– de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou après la naissance lors d’un contact physique rapproché ;
– plus rarement par contact avec des animaux infectés, notamment certains rongeurs ou primates sauvages.
Face à cette situation, le ministère de la Santé publique invite la population à renforcer les mesures de prévention.
Les autorités recommandent notamment de :
se laver régulièrement les mains avec de l’eau et du savon ou une solution hydroalcoolique ;éviter tout contact direct avec une personne présentant une éruption cutanée suspecte ;ne pas partager les effets personnels d’un malade ;consulter rapidement un établissement de santé dès l’apparition de symptômes évocateurs et éviter l’automédication ; signaler tout cas suspect en appelant le numéro vert 1510 ou en se rendant dans le centre de santé le plus proche.
Les équipes sanitaires appellent également les populations concernées à collaborer avec les services de santé et à accepter la vaccination lorsqu’elle leur est proposée dans le cadre de la stratégie nationale de riposte.
Ce premier décès néonatal rappelle que, même si le Mpox est souvent bénin chez de nombreux patients, il peut entraîner des complications graves chez les personnes les plus vulnérables.
Les autorités sanitaires poursuivent les opérations de surveillance, de dépistage, d’isolement des cas et de sensibilisation afin de limiter la propagation du virus. Elles invitent la population à rester vigilante, à s’informer auprès des sources officielles et à respecter les mesures de prévention recommandées pour protéger les familles et les communautés.
Rédaction DUNIA NEW’S.















