Ces cartables trop lourds qui pèsent sur les épaules de nos enfants

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Ces cartables trop lourds qui pèsent sur les épaules de nos enfants

À la sortie des écoles, les enfants marchent le dos courbé sous des sacs souvent plus grands qu’eux. Chaque jour, ils transportent un poids démesuré de livres et de cahiers, comme si l’apprentissage passait d’abord par la force physique.

Un élève de primaire transporte souvent six à sept manuels, dont ceux d’anglais et d’informatique, et huit cahiers de tailles variées. Ce fardeau répété d’octobre à juin finit par épuiser des corps en croissance. Comme le note le pédiatre français Dr Alain Bocquet dans Les Enfants d’aujourd’hui : comprendre et protéger (Odile Jacob, 2018, p. 94) :

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« Un cartable ne devrait pas dépasser 10 % du poids de l’enfant. Au-delà, le risque de déformation posturale devient réel. »

Des cartables lourds, des dépenses encore plus lourdes

Le coût matériel de l’éducation devient une autre épreuve pour les familles. Entre les manuels obligatoires, les cahiers spécifiques et les fournitures recommandées, chaque rentrée s’apparente à un marathon budgétaire. Le sociologue Mamadou Diouf, dans L’École en question (PUF, 2019, p. 72), analyse :

« L’école sénégalaise est devenue un lieu où se mesure l’inégalité sociale, non seulement par la réussite scolaire, mais par la capacité à assumer le coût du savoir. »

Cette réalité rend plus criante la fracture entre le discours sur “l’école pour tous” et la charge réelle supportée par les parents.

De la simplicité d’hier à la surcharge d’aujourd’hui

Il y a trente ans, les collégiens vivaient avec peu : quelques cahiers, un stylo, de l’eau du robinet pour étancher la soif et des cacahuètes pour tromper la faim. Aujourd’hui, la course au matériel scolaire traduit une dérive consumériste qui oublie l’essence même de l’éducation.

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Le pédagogue Philippe Meirieu l’exprime lucidement dans L’école, mode d’emploi (ESF, 2014, p. 18) :

« En surchargeant l’élève d’outils, on finit par lui ôter la joie d’apprendre. L’école doit alléger les sacs pour alourdir les esprits. »

Cette réflexion rejoint la parole du philosophe Socrate, rapportée par Xénophon dans Les Mémorables (II, 6, 36) :

« L’éducation n’est pas le remplissage d’un vase, mais l’allumage d’un feu. »


⚖️ Alléger pour mieux apprendre

Face à cette situation, des experts de l’éducation plaident pour une réduction des listes de fournitures, l’usage de manuels numériques ou l’installation de casiers scolaires. Ces solutions offriraient un soulagement physique et financier.

Le psychologue de l’éducation Stanislas Dehaene, président du Conseil scientifique de l’Éducation nationale en France, rappelle dans Apprendre ! (Odile Jacob, 2018, p. 21) :

« Le cerveau apprend mieux dans la légèreté émotionnelle et physique. L’apprentissage ne doit jamais devenir un poids. »

Enfin, la sagesse d’Ibn al-Jawzi dans Sayd al-Khâtir (Dar al-Kotob al-Ilmiyya, 2013, p. 112) nous rappelle :

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« La science doit être un allègement pour l’âme, non un fardeau pour le corps. »

L’école, pour grandir nos enfants, devrait d’abord commencer par les soulager.

Imam chroniqueur Babacar Diop

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