Crise à Madagascar : l’armée française évacue Andry Rajoelina, un président en sursis

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Crise à Madagascar : l’armée française évacue Andry Rajoelina, un président en sursis

Par Imam chroniqueur Babacar Diop

Dans un climat politique explosif, le président malgache Andry Rajoelina a été exfiltré de son pays par un avion militaire français dans la nuit du 12 octobre 2025. Selon plusieurs sources concordantes, dont Emedia, cette opération s’est déroulée dans le cadre d’un accord confidentiel conclu entre Antananarivo et Paris, alors que Madagascar traverse sa plus grave crise depuis plus d’une décennie.

Les autorités françaises ont tenu à préciser que cette intervention ne relevait pas d’une ingérence politique, mais visait uniquement à assurer la sécurité personnelle du chef de l’État malgache. Une déclaration qui n’a pas suffi à dissiper les soupçons d’une mainmise persistante de l’ex-puissance coloniale sur les affaires internes de la Grande Île.

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Depuis le 25 septembre 2025, le pays est en proie à des manifestations massives, d’abord déclenchées par la colère populaire face aux coupures récurrentes d’eau et d’électricité, avant de se transformer en une véritable révolte politique. Des milliers de citoyens réclament ouvertement la démission de Rajoelina, accusé d’avoir échoué à endiguer la pauvreté et la corruption endémiques.

Sur le terrain, les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se sont multipliés, provoquant plusieurs blessés et exacerbant les divisions au sein de l’armée. Selon des observateurs, l’institution militaire apparaît profondément fracturée, incapable d’adopter une ligne commune.

Le colonel Randrianirina, figure influente de l’armée malgache, a affirmé que celle-ci « a simplement répondu à l’appel du peuple », une déclaration qui traduit l’ampleur des tensions internes.

Face à cette déstabilisation, l’Union Africaine a exprimé sa profonde inquiétude, appelant au dialogue national et à la préservation de l’ordre constitutionnel.

Pour beaucoup d’analystes, cette exfiltration rappelle les ombres de la Françafrique, ces interventions discrètes mais décisives de Paris dans les crises africaines. Comme le souligne le politologue malgache Hery Andriamihaja, auteur de Madagascar, l’État en suspens (Éditions L’Harmattan, 2023, p. 212), « l’évacuation d’un président par une armée étrangère révèle à quel point la souveraineté politique malgache reste fragile et sous tutelle ».

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La situation actuelle ouvre donc une période d’incertitude pour Madagascar. Entre une transition incertaine, une armée divisée et un peuple en quête de justice sociale, l’avenir du pays s’écrit désormais dans la rue — et peut-être, loin d’Antananarivo.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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