Démographie : La France enregistre plus de décès que de naissances pour la première fois depuis 1945
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C’est un tournant historique pour la démographie française. Entre mai 2024 et mai 2025, le pays a enregistré 651 200 décès contre 650 400 naissances, selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Ce solde naturel négatif, inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, survient dix ans plus tôt que les prévisions des démographes.
Un basculement anticipé
L’Insee projetait initialement ce croisement entre naissances et décès pour l’horizon 2035. Mais la dynamique s’est accélérée : la baisse continue du taux de fécondité, combinée à une hausse de la mortalité, a inversé l’équilibre démographique plus tôt que prévu.
« Ce changement n’est plus seulement une tendance. Il est devenu une réalité pour l’ensemble du territoire français, y compris les départements d’Outre-mer », alerte Julien Damon, démographe et ancien directeur des études à la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).
Moins d’enfants, plus de décès
La fécondité en France connaît un repli durable. En 2024, les naissances ont chuté, tandis que les décès ont connu une augmentation, conséquence directe du vieillissement de la population. Selon l’Insee, le nombre moyen d’enfants par femme continue de descendre sous la barre symbolique de 1,7, bien loin du seuil de renouvellement des générations (2,1).
Par ailleurs, la mortalité a été accentuée par plusieurs facteurs, dont le vieillissement démographique, les effets prolongés de la pandémie de Covid-19 et une vague de canicule exceptionnelle enregistrée durant l’été 2024.
Une croissance démographique portée par l’immigration
Ce recul du solde naturel ne signifie pas pour autant que la population française diminue. En 2024, la France a connu une croissance démographique de 169 000 personnes, essentiellement grâce à un solde migratoire positif, souligne l’Institut national d’études démographiques (INED).
La population totale devrait continuer à croître dans les années à venir, atteignant près de 70 millions d’habitants d’ici 2040, avant une baisse progressive estimée à 68 millions à l’horizon 2070.
Une alerte pour les politiques publiques
Pour les spécialistes, ce tournant démographique impose une révision profonde des politiques familiales, de santé, de logement et d’immigration. Selon Hervé Le Bras, démographe et chercheur à l’INED, « une France qui vieillit sans se renouveler naturellement doit penser autrement sa solidarité intergénérationnelle et sa stratégie de croissance ».
Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com













