Droits des femmes au Sénégal : la marche continue
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Au Sénégal, les femmes avancent, mais le chemin vers l’égalité reste semé d’embûches. Entre discriminations, violences et obstacles à l’accès aux responsabilités, le fossé entre les textes de loi et la réalité quotidienne reste immense.
Pour Dr Seynabou Mbaye, présidente du Conseil sénégalais des femmes (Cosef), les progrès législatifs sont réels, mais l’application concrète des droits reste limitée. L’accès aux postes de décision, l’emploi décent, la propriété foncière, l’autonomisation économique et la sécurité demeurent des défis majeurs pour les Sénégalaises.
Un rapport conjoint de la FAO, du Natural Resources Institute (Université de Greenwich) et d’Award, présenté lors du Forum Africa Food Systems 2025 à Dakar, montre que 76 % des femmes actives en Afrique subsaharienne évoluent dans les systèmes agroalimentaires, mais la plupart occupent des emplois informels, saisonniers et sous-payés.
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Les obstacles à l’épanouissement des femmes sont renforcés par la ruralité, l’analphabétisme, le handicap et la pauvreté. À cela s’ajoutent le poids du patriarcat et la persistance des violences, y compris les féminicides. « Il existe un fossé considérable entre les intentions législatives et la réalité vécue sur le terrain », souligne Dr Mbaye. Certaines lois discriminatoires et des traditions sociales continuent de supplanter le droit.
Elle pointe aussi le refus d’application de certaines lois par des acteurs politiques, citant notamment la loi sur la parité élective et celle criminalisant le viol et la pédophilie. Sur le plan statistique, le Réseau national de veille et d’alerte (Rnva) note que lors des élections territoriales de 2022, sur 102 recours déposés aux cours d’appel, 97 décisions ont annulé 70 bureaux, mais seulement la moitié ont été repris. À l’Assemblée nationale, seules 3 commissions permanentes sur 14 sont dirigées par des femmes.
Pour Oumy Sia Sadio, chargée de programmes « Femmes et protection de l’enfance » à Amnesty International Sénégal, ces discriminations sont enracinées depuis des décennies. La société continue de considérer les femmes comme des « êtres vulnérables » nécessitant protection, justifiant ainsi leur maintien dans des rôles subalternes et freinant leur participation sociale, politique et économique.
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Elle dénonce aussi les lacunes persistantes dans le Code de la famille, comme l’article 196 interdisant la recherche de paternité, l’article 111 fixant l’âge du mariage des filles à 16 ans, et rappelle que les mutilations génitales féminines persistent malgré l’interdiction légale.
Malgré ces défis, la mobilisation des femmes et des acteurs de la société civile continue, traçant la route vers un Sénégal plus juste, inclusif et égalitaire.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop













