Essayiste et Écrivain : Deux Voies, Une Même Plume
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Dans l’univers des lettres, une question revient souvent : quelle est la différence entre l’Essayiste et l’Écrivain ? Deux figures qui, bien que partageant le même territoire – celui de l’écriture – empruntent des chemins parfois divergents.
L’essayiste se veut chercheur de vérité. Son œuvre prend la forme d’un texte argumentatif où la réflexion, l’analyse et la recherche s’articulent pour éclairer un domaine de connaissance. Comme le rappelle le critique littéraire Tzvetan Todorov :
« L’essai est le lieu où la pensée se met en scène, non pour conclure mais pour explorer » (Critique de la critique, 1984, p. 67).
À l’inverse, l’écrivain se nourrit d’imagination et d’esthétique. Son style, qu’il soit poétique, romanesque ou théâtral, donne vie à des mondes fictifs où la vérité se cache derrière le voile de la création. L’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop insiste sur ce point :
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« La fiction est une autre façon de dire la vérité, mais par des chemins sinueux, symboliques, parfois plus puissants que le discours rationnel » (L’Afrique au-delà du miroir, 2017, p. 122).
Ainsi, l’essayiste cherche la vérité dans le réel, tandis que l’écrivain la crée ou la dissimule dans l’imaginaire. Pourtant, les frontières ne sont pas étanches : Cheikh Anta Diop est reconnu comme essayiste rigoureux, mais Léopold Sédar Senghor incarne à la fois le poète et l’essayiste.
L’intersection des deux mondes
Certains auteurs illustrent cette perméabilité. Le philosophe camerounais Achille Mbembe, par exemple, manie la rigueur de l’essai mais aussi la profondeur stylistique de l’écrivain :
« Écrire l’Afrique aujourd’hui, c’est inventer une langue capable de dire la douleur et l’espérance » (Critique de la raison nègre, 2013, p. 15).
L’enseignant-chercheur sénégalais Papa Samba Diop souligne de son côté :
« Le véritable écrivain africain, qu’il soit romancier ou essayiste, est toujours rattrapé par la fonction critique de son art : dire le réel et le transformer » (Histoire des littératures francophones, 2008, p. 243).
Une perspective personnelle
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En tant qu’Imam et chroniqueur, je considère que l’essayiste et l’écrivain se complètent. L’un donne des outils pour penser, l’autre donne des images pour ressentir. Et sans les deux, la conscience collective se dessèche. Comme je l’écrivais dans une de mes chroniques :
« L’essai instruit l’esprit, mais la fiction éduque le cœur. Or une société a besoin des deux pour se réinventer. » (Babacar Diop, ).
De la même manière, je me plais à rappeler :
« Quand l’Essayiste éclaire, l’Écrivain enflamme. L’un dissèque, l’autre féconde. Mais c’est toujours la plume qui devient instrument de libération. » (Babacar Diop).
Conclusion
La frontière entre essayiste et écrivain n’est pas une barrière mais un pont. Tous deux appartiennent à la grande famille de l’écriture, celle qui, selon l’expression de Fatou Diome, est « la mémoire vive de l’humanité » (Le ventre de l’Atlantique, 2003, p. 89).
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En définitive, qu’il s’agisse d’un essai ou d’un roman, d’une fiction ou d’une réflexion, le rôle demeure le même : donner voix aux vérités du monde et de l’homme, qu’elles soient rationnelles ou poétiques.
imam chroniqueur
Babacar Diop













