France : Des intellectuels et éditeurs musulmans dans le viseur des gels d’avoirs administratifs

Votre Pub ici !

Partager cet article
France : Des intellectuels et éditeurs musulmans dans le viseur des gels d’avoirs administratifs

Depuis le mois de juin 2025, plusieurs éditeurs, intellectuels et personnalités musulmanes font l’objet de mesures de gel d’avoirs en France, provoquant une vive controverse. Ces sanctions, prononcées sans jugement préalable, soulèvent des questions sur les libertés fondamentales, notamment celle d’expression et d’opinion.

Des structures ciblées pour soupçons de “séparatisme”

Parmi les entités visées figurent les éditions Sarrazins, Tawhid, Nawa, Methodiya et BarakaCity. Issa Meyer, fondateur des éditions Ribât, a également vu ses comptes bloqués à la suite d’un arrêté du ministère de l’Intérieur. Ce dernier évoque des liens supposés avec une mouvance dite “séparatiste”. Les concernés dénoncent une mesure brutale, qui les prive non seulement de ressources financières, mais également de tout moyen de défense juridique.

Selon leurs avocats, ces décisions sont prises sur de simples suspicions, sans procédure contradictoire. “Il s’agit d’une justice administrative expéditive”, s’insurge Me Rafik Chekkat, qui défend plusieurs des personnes visées. Il affirme que certaines sanctions ont été imposées pour avoir simplement utilisé le mot “islamophobie” dans leurs écrits ou discours publics.

À lire aussi : Ankara muscle son arsenal : la Turquie se rapproche de l’Eurofighter Typhoon avec un accord stratégique signé avec Londres

Un dispositif prévu pour la lutte antiterroriste

Les mesures reposent sur l’article L.562-2 du Code monétaire et financier, un article conçu initialement pour geler les avoirs de personnes soupçonnées de financement du terrorisme. Mais depuis le Conseil de défense du 7 juillet dernier, consacré à la lutte contre le “séparatisme” et “l’entrisme islamiste”, le gouvernement français a élargi l’application de cet outil juridique à des cas beaucoup plus larges.

“C’est un usage dévoyé d’un mécanisme antiterroriste. Aujourd’hui, on ne cible plus des suspects de violences, mais des citoyens qui expriment des opinions divergentes”, déplore une source proche des associations de défense des droits humains.

Des livres encore disponibles en ligne

Fait paradoxal, malgré ces mesures, les publications des maisons d’édition concernées restent disponibles sur des plateformes comme Amazon ou la Fnac. Un détail qui interroge sur la cohérence des sanctions. “On interdit aux éditeurs de vivre, mais pas à leurs livres d’exister dans le commerce”, ironise un observateur du monde du livre.

Selon l’agence Anadolu, au moins une douzaine de structures ont vu leurs avoirs gelés depuis juin, une information confirmée par des publications au Journal officiel.

À lire aussi : « L’amour à l’ère numérique : disparition de la séduction ou mutation des codes ? »

Une situation inquiétante pour les libertés publiques

Ce durcissement administratif intervient dans un climat marqué par des débats récurrents autour de l’islam en France. Plusieurs voix, dont celle de l’humoriste Guillaume Meurice ou d’imams critiques, dénoncent un traitement discriminatoire réservé aux musulmans.

Dans un précédent dossier, le cas de Karim Benzema avait déjà déclenché une vive polémique après que certaines autorités françaises l’avaient accusé de proximité idéologique avec des courants islamistes pour avoir soutenu publiquement la cause palestinienne.

Ce nouveau front judiciaire et administratif semble indiquer une stratégie de fermeté accrue, mais pose la question du respect des droits fondamentaux dans un État de droit.

Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci