Guinée-Bissau : après le coup de force, Bissau vit sous tension et sous contrôle militaire
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BISSAU – Le calme apparent de Bissau contraste avec les tirs et l’agitation de la veille. Depuis l’annonce de la prise de pouvoir par un groupe d’officiers, la capitale guinéenne est plongée dans une atmosphère d’incertitude et de peur.
Ce jeudi 27 novembre 2025, malgré la levée officielle du couvre-feu à 6 heures, les rues restent désertes. Boutiques et marchés sont fermés, et la circulation automobile est strictement limitée. Seuls quelques véhicules militaires circulent lentement, surveillant chaque quartier. La présence des soldats, armes en bandoulière, est visible jusque dans les zones périphériques, donnant l’impression d’une ville sous respiration artificielle.
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Les communications sont également perturbées. De nombreux habitants signalent des difficultés pour passer des appels ou accéder à Internet. Les médias privés restent silencieux, tandis que la télévision et la radio nationales continuent de diffuser principalement le discours du général Horta N’tam, investi président de la transition pour une durée d’un an.
Le PAIGC appelle à la mobilisation
Malgré ce climat de peur, le PAIGC a lancé un appel à ses militants pour exiger la libération de Domingos Simões Pereira, détenu depuis l’événement. Des groupes de sympathisants ont tenté de se rendre jusqu’à la prison centrale, mais leur action a été rapidement dispersée par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogènes.
Dans le centre-ville, seuls quelques carrefours voient encore passer des habitants, pour la plupart prudents. Certains profitent de ces rares moments de calme pour s’approvisionner, conscients que la situation peut basculer à tout instant. « Ici, tout le monde a peur. Nous vivons dans l’incertitude constante, surtout pendant les périodes politiques sensibles », confie Osvaldo Sambú, chauffeur de taxi dans le quartier Pilùm.
Une capitale sous haute surveillance
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Autour du Palais présidentiel et des principaux ministères, la vigilance est maximale. Casques, treillis et pick-up alignés confèrent une atmosphère solennelle, presque irréelle, renforçant l’impression que Bissau retient son souffle.
Dans ce contexte, chaque habitant attend avec inquiétude la prochaine annonce officielle. Depuis vingt-quatre heures, le pouvoir semble flotter entre les murs des casernes et les couloirs vides des administrations, laissant le pays dans une incertitude totale.
imam chroniqueur
Babacar Diop













