Israël impose une censure renforcée sur la couverture médiatique des frappes iraniennes
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L’État d’Israël a annoncé de nouvelles directives de censure militaire particulièrement strictes à l’encontre des journalistes couvrant les conséquences des frappes iraniennes. Désormais, toute captation ou diffusion d’images en provenance de zones touchées par des missiles ou de sites de combats devra faire l’objet d’une autorisation écrite préalable, sous peine de poursuites judiciaires.
Ces nouvelles mesures de contrôle s’appliquent notamment aux reportages réalisés en direct, dont la diffusion pourrait fournir, selon l’armée israélienne, des renseignements tactiques en temps réel à l’ennemi. « La publication d’images sans approbation préalable, en particulier depuis des zones sensibles, est susceptible de nuire gravement à la sécurité de l’État », a déclaré le bureau du censeur militaire dans un communiqué officiel.
Les autorités israéliennes ciblent en particulier les dispositifs de captation permanente — caméras fixes, équipements automatisés — installés par plusieurs agences de presse, tant nationales qu’étrangères, qui assurent une diffusion continue 24 heures sur 24. Cette vigilance accrue concerne tout particulièrement les zones à proximité des installations militaires, dont la localisation et l’état après les attaques pourraient être exploités par les services de renseignement iraniens.
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Un climat de censure sans précédent
Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans un contexte de durcissement général de la politique médiatique en Israël. En 2024, le pays a connu un record d’articles, d’images et de séquences vidéo censurés par les autorités militaires. Une tendance qui s’est notamment traduite par la fermeture des bureaux d’Al Jazeera à Jérusalem, un événement largement critiqué par les défenseurs de la liberté de la presse à l’échelle internationale.
D’après des sources médiatiques locales, ces restrictions marquent une intensification du contrôle sur le travail journalistique en période de tensions militaires, mais posent également la question de leur efficacité à l’ère numérique. En effet, les réseaux sociaux, les flux d’images citoyens et les chaînes cryptées échappent largement au contrôle de la censure traditionnelle, rendant l’application des directives de plus en plus difficile.
Une tension entre sécurité nationale et liberté de la presse
Ce resserrement du contrôle médiatique soulève une vive inquiétude chez les professionnels de l’information et les organisations de défense des droits de l’homme. Reporters Sans Frontières, dans un rapport récent, rappelait que « la sécurité nationale ne saurait justifier des restrictions systématiques à la liberté d’informer, surtout lorsque celles-ci deviennent des outils de dissimulation ».
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De nombreux analystes estiment que la politique sécuritaire israélienne cherche à trouver un équilibre délicat entre impératifs militaires et respect des principes démocratiques. « Il s’agit d’une guerre de l’information autant que d’une guerre de missiles », commente le politologue israélien Yossi Klein Halevi. « Mais l’opacité totale risque de saper la confiance des citoyens dans les institutions. »
Un défi pour les médias dans un monde ultra-connecté
Dans un paysage médiatique globalisé, la multiplication des canaux d’information et la rapidité des échanges rendent la censure de plus en plus inefficace. Des images peuvent être captées par des citoyens ordinaires équipés de smartphones, puis relayées instantanément sur les réseaux sociaux, échappant ainsi aux filtres institutionnels.
La stratégie d’Israël, si elle répond à une logique de sécurité nationale, risque de susciter des tensions diplomatiques, en particulier avec les grandes agences de presse internationales. Elle pourrait également avoir des conséquences sur la perception du conflit au sein de l’opinion publique mondiale, souvent alimentée par les récits et visuels diffusés en temps réel.
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Imam chroniqueur Babacar Diop













