Kaolack : la mort tragique d’un adolescent relance le débat sur la sécurité des canaux à ciel ouvert
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Un drame est survenu ce lundi 6 octobre 2025 à Kaolack, dans le quartier de Médina Baye. Un adolescent âgé d’environ 16 ans a perdu la vie après être tombé dans un canal à ciel ouvert, gonflé par les pluies récentes. Son corps sans vie a été repêché puis transféré à la morgue de l’hôpital El Hadji Ibrahima Niasse. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de ce tragique accident.
Un drame évitable ?
Ce type d’incident, malheureusement récurrent en période hivernale, met en lumière la vulnérabilité des quartiers urbains face à la gestion déficiente des eaux pluviales. Les canaux, souvent dépourvus de garde-fous ou de signalisation, deviennent de véritables pièges pour les enfants et adolescents qui y jouent ou tentent de les traverser.
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Selon l’urbaniste sénégalais Dr. Cheikh Sène, « les canaux à ciel ouvert sont des infrastructures temporaires qui ont été pérennisées par défaut. Leur dangerosité est connue, mais faute de planification urbaine rigoureuse, ils sont devenus des éléments permanents du paysage urbain » (in Planification et risques urbains en Afrique de l’Ouest, L’Harmattan, 2021, p. 142).
Une responsabilité partagée
Au-delà de la responsabilité des autorités municipales, certains observateurs soulignent également le manque de sensibilisation communautaire. L’ingénieur hydrologue Dr. Marième Ndao rappelle que « la sécurité urbaine ne se limite pas aux forces de l’ordre ; elle implique aussi la protection physique et éducative des enfants face aux risques environnementaux » (Les défis de la résilience urbaine en Afrique, PUF, 2022, p. 87).
À Kaolack, comme dans plusieurs villes sénégalaises, des initiatives citoyennes tentent de combler les manquements de l’État en installant des barrières artisanales ou en menant des campagnes de sensibilisation. Mais ces efforts restent sporadiques et insuffisants.
Un appel à l’action
Le décès de ce jeune garçon relance une question fondamentale : combien de drames faudra-t-il encore pour que la sécurité des infrastructures hydrauliques devienne une priorité nationale ?
Pour le sociologue Alioune Badara Cissé, « ces morts anonymes traduisent un échec collectif — celui d’une société qui s’habitue à la fatalité plutôt qu’à la prévention » (Sociologie de la négligence publique, Karthala, 2023, p. 59).
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À Médina Baye, l’émotion reste vive. Les habitants demandent la couverture urgente des canaux et une meilleure coordination entre les services d’hygiène, la mairie et les services de secours. L’enquête ouverte par la police devra désormais faire la lumière sur les circonstances du drame — mais au-delà des faits, c’est la question de la prévention qui s’impose.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













