Karachi face à ses failles : quand un incendie révèle la vulnérabilité de la mégapole

Votre Pub ici !

Partager cet article
Karachi face à ses failles : quand un incendie révèle la vulnérabilité de la mégapole

Le bilan de l’incendie survenu au centre commercial Gul Plaza, à Karachi, ne cesse de s’alourdir, tandis que les secouristes continuent de fouiller les décombres encore fumants. Au-delà de la tragédie humaine, ce sinistre met en lumière des lacunes préoccupantes dans la sécurité et la gestion des risques dans l’une des plus grandes villes du Pakistan.
Une tragédie et des disparus
Samedi soir, un incendie violent s’est déclaré au Gul Plaza, un centre commercial de trois étages comptant plus de 1 200 boutiques sur la MA Jinnah Road, l’artère principale de Karachi. Selon Al Jazeera, l’incendie a fait au moins 23 morts, dont un pompier, et a nécessité plus de 24 heures d’intervention pour être maîtrisé.

À lire aussi : Syrie : après la libération de 120 détenus à Shaddadi, les forces gouvernementales font des découvertes inquiétantes


Malgré l’extinction des flammes, le danger persiste. Le maire Murtaza Wahab a indiqué que plus de 60 personnes sont encore portées disparues. La structure instable du bâtiment et la réapparition de foyers d’incendie compliquent les opérations de secours.
Des moyens insuffisants pour une ville géante
L’incendie souligne les difficultés logistiques auxquelles les équipes de secours font face. Hassan ul-Haseeb, porte-parole du service Rescue 1122, a rappelé que la présence de curieux bloquant l’accès au site a retardé l’arrivée des camions-citernes. À l’intérieur, la présence de matériaux plastiques et hautement inflammables a aggravé le sinistre.
Pour une ville de près de 25 millions d’habitants, Karachi ne dispose que de 35 casernes, 57 camions d’incendie et seulement six grandes échelles. Muhammad Toheed, urbaniste, dénonce une « faillite de la gouvernance » et pointe l’absence quasi totale d’inspections de sécurité et de formation adéquate.

À lire aussi : Vieillir seul en Occident : quand le silence tue et que l’Afrique rappelle le devoir de mémoire


Une ville au bord de la catastrophe.
Le Gul Plaza, considéré comme relativement bien conçu avec ses 13 sorties, montre à quel point la mégapole est vulnérable : si un bâtiment accessible devient un piège mortel, la situation est encore plus inquiétante pour le reste de la ville. Selon les experts, près de 70 % des bâtiments de Karachi ne disposent pas de systèmes de sécurité incendie adéquats. « Si nous prenons le Gul Plaza comme référence, le reste de la ville est une bombe à retardement », avertit Muhammad Toheed.
Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l’incendie, la piste d’un court-circuit étant actuellement privilégiée.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci