L’ADN : la signature codée de la vie
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Par Imam chroniqueur
Babacar Diop
Au plus profond de chaque cellule humaine, animale ou végétale, se cache un code invisible, composé de quatre lettres seulement (A, T, G, C), mais capable de décrire un être vivant dans sa complexité la plus totale. Ce code, c’est l’ADN : Acide Désoxyribonucléique, la matrice de toute vie connue sur Terre.
Est-ce le fruit du hasard ou le signe d’un dessein divin ? La science moderne et la spiritualité peuvent-elles se rencontrer dans la contemplation de ce langage biologique universel ?
Un code universel
L’ADN, découvert en 1953 par James Watson et Francis Crick, est une molécule en double hélice qui contient les instructions génétiques pour le développement, le fonctionnement et la reproduction de tous les organismes vivants.
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Chaque cellule humaine contient environ 3 milliards de paires de bases. Si on déroulait tout l’ADN d’un seul corps humain, il s’étendrait sur plus de 2 mètres, compactés dans une cellule si petite qu’on ne la voit qu’au microscope !
« Le génome humain est comme un logiciel divin qui orchestre la vie avec une précision mathématique. »
— Jean-Claude Ameisen, La sculpture du vivant, Seuil, 1999, p. 212
Un Livre inscrit dans la création
Dans le Coran, Dieu affirme :
« Nous allons leur montrer Nos signes dans les horizons et en eux-mêmes, jusqu’à ce qu’il leur devienne évident que c’est la vérité. »
(Sourate Fussilat, 41:53)« Nulle créature ne rampe sur terre sans que sa subsistance ne soit inscrite dans un Livre clair. »
(Sourate Hud, 11:6)
Des versets qui peuvent être compris, à la lumière de la génétique, comme une allusion à une écriture interne, un livre biologique présent dans le corps lui-même.
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Ibn al-Qayyim et le secret des corps
Ibn al-Qayyim, dans Tibb al-Nabawi (La médecine prophétique), note :
« Le corps humain est un dépôt de secrets dont la science ne découvre les clés qu’avec le temps. Chaque organe, chaque cellule, chaque fluide a son message. »
(éd. Dar Ibn Hazm, 2005, p. 104)
Il évoque ainsi, avant l’heure, l’idée que le corps porte en lui une sagesse inscrite, qui échappe parfois aux sens, mais que la foi et la science peuvent conjointement explorer.
L’ADN, miroir du tawhid
L’universalité du code génétique — commun à toutes les espèces — témoigne d’une unité profonde dans la création. La même structure biologique relie l’homme au poisson, l’oiseau à l’arbre, l’insecte au mammifère.
Cela renforce la parole du Coran :
« Et Il a créé toute chose selon une mesure, puis Il lui a donné sa direction. »
(Sourate Taha, 20:50)
Ibn Taymiyya, dans Dar’ Taʿāruḍ al-‘Aql wa al-Naql, insiste sur cette idée :
« L’unité des lois dans la création est un des signes de l’unicité du Créateur. »
(vol. 6, p. 231)
Savoirs africains et bio-identité
Les recherches en génétique ont permis de retracer les origines africaines de l’humanité. L’ADN mitochondrial, transmis de mère en fille, confirme que toute l’humanité descend d’une femme ayant vécu en Afrique il y a environ 150 000 ans, surnommée par les généticiens « Ève mitochondriale ».
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Cheikh Anta Diop, pionnier de l’anthropologie génétique, écrivait :
« La biologie moléculaire prouve que l’Afrique est la matrice de l’humanité. »
(L’unité culturelle de l’Afrique noire, Présence Africaine, 1960, p. 34)
Marabouts et identité divine de l’homme
Cheikh Ahmadou Bamba, dans Massalik al-Jinan, évoque le lien entre l’origine divine de l’homme et son devoir de connaissance de soi :
« Celui qui ignore l’écriture de son âme ne lira jamais les signes de son Seigneur. »
(vers 1045)
Serigne Babacar Sy insistait dans ses discours sur le fait que :
« L’homme porte en lui les preuves d’Allah. Il est à la fois preuve et témoin. »
Une leçon pour nos élèves
Parler d’ADN à l’école, ce n’est pas simplement parler de gènes, de maladies ou de paternité. C’est inviter les jeunes à comprendre qu’ils sont porteurs d’un message, d’un plan, d’un code précieux. C’est une façon de restaurer la dignité et la singularité de chaque être humain.
« Chaque être vivant est une lettre dans le grand Livre de la création. »
— Souleymane Bachir Diagne, Comment philosopher en islam, Philippe Rey, 2013, p. 129
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L’ADN n’est pas qu’un outil scientifique. C’est un signe. Une écriture fine et silencieuse du Créateur dans le tissu même de la vie. Il nous rappelle que chaque être vivant a été voulu, pensé, codé, et qu’au-delà du biologique, la science moderne touche parfois du doigt le mystère du divin.
« Béni soit Celui qui tient dans Sa main la royauté, et Il est capable de toute chose. Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver. »
(Sourate Al-Mulk, 67:1–2)
Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com













