Le Kataklè, trésor royal du Danhomey : Entre restitution et réappropriation culturelle.

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Le Kataklè, trésor royal du Danhomey : Entre restitution et réappropriation culturelle.

Le Kataklè, siège royal à trois pieds, s’apprête à retrouver sa terre d’origine après un long exil en Finlande. Ce trésor du Danhomey, 27ᵉ objet royal restitué au Bénin, a récemment fait l’objet d’un panel scientifique organisé par Villa Karo-Finnish West African Cultural Center à Grand-Popo. L’événement a été animé par le prêtre catholique Carly Degbelo, qui a exploré la place de cet objet historique dans les pratiques culturelles actuelles.

Le Kataklè, conçu pour reposer les pieds du roi, symbolise l’autorité et la continuité du pouvoir au sein du royaume du Danhomey. Il fait partie des nombreux objets confisqués par les troupes coloniales françaises sous le commandement du colonel Dodds lors de l’affrontement contre le roi Béhanzin. Après plus d’un siècle d’errance à l’étranger, sa restitution s’inscrit dans un mouvement plus large de réhabilitation des patrimoines africains spoliés.

Le Kataklè, trésor royal du Danhomey : Entre restitution et réappropriation culturelle.

Le Révérend-père Carly Degbelo a insisté sur l’importance de redonner à ces objets leur signification culturelle et historique. « Comprendre l’objet, c’est aussi pouvoir l’expliquer à ceux qui en ignorent la véritable essence », a-t-il affirmé.

L’implication d’un prêtre catholique dans la réflexion sur un objet royal pourrait surprendre certains, mais Carly Degbelo rappelle que le dialogue entre culture et religion est essentiel. « En tant que prêtre africain, il est primordial que nous touchions à l’inculturation, c’est-à-dire un échange permanent entre les valeurs du Christ et nos racines culturelles », a-t-il déclaré.

Il a également illustré comment des éléments de la royauté africaine se retrouvent déjà dans certaines chapelles catholiques, citant l’exemple des sièges royaux Akan, Lobi et Ashanti utilisés dans des lieux de culte. Toutefois, il a précisé avoir volontairement évité l’aspect cultuel du Kataklè, ne souhaitant pas s’aventurer sur un terrain qui lui est étranger.

Le retour du Kataklè, comme celui des 26 autres objets restitués en novembre 2021, pose la question de leur réintégration dans la mémoire collective béninoise. Si certains Africains, influencés par l’histoire coloniale, perçoivent encore ces artefacts comme des « objets impurs », le défi aujourd’hui est de déconstruire ces préjugés et de réinscrire ces trésors dans une perspective culturelle et éducative.

Le Kataklè, trésor royal du Danhomey : Entre restitution et réappropriation culturelle.

Le Kataklè ne représente pas seulement un siège royal ; il est un témoin de l’histoire, un symbole de résistance et un vecteur de transmission des valeurs ancestrales. Sa restitution ouvre ainsi une réflexion plus large sur la manière dont les peuples africains peuvent se réapproprier leur héritage et le réintégrer dans leur identité contemporaine.

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