Les tripes, un commerce florissant porté par les femmes à la SOGAS

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Les tripes, un commerce florissant porté par les femmes à la SOGAS

À la SOGAS, la vente de tripes connaît un essor remarquable. Chaque jour, ce sont principalement des femmes qui animent ce secteur, organisant avec rigueur et persévérance la chaîne de distribution. Elles se considèrent non seulement comme commerçantes, mais aussi comme gardiennes d’un savoir-faire culinaire transmis de génération en génération.

« La triperie constitue un espace économique et social où les femmes redéfinissent leur rôle dans le marché urbain », analyse l’anthropologue Fatou Sow dans Femmes africaines et marché de l’emploi (L’Harmattan, 2018, p. 132).

Une organisation minutieuse

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Les tripes arrivent chaque matin à la SOGAS. Une fois réceptionnées, le travail se répartit en plusieurs étapes. Aïssatou, vendeuse depuis plus de dix ans, explique :

« Nous travaillons en équipe. Certaines s’occupent du nettoyage, d’autres de la découpe. Moi, je préfère la vente directe, parce que je connais bien mes clients. »

Cette répartition des tâches reflète une solidarité économique et une division du travail qui favorise l’efficacité.

Une activité vitale pour les familles

Pour beaucoup de ces femmes, la triperie n’est pas qu’un commerce, mais un véritable moyen de survie. Fatoumata, mère de quatre enfants, confie :

« Grâce à ce travail, j’ai pu payer la scolarité de mes enfants. C’est difficile, mais c’est notre dignité. »

Selon la sociologue Awa Diop, « les marchés sénégalais reposent sur une dynamique féminine qui combine entrepreneuriat, résilience et adaptation face aux mutations sociales » (Femmes et économie populaire au Sénégal, Presses Universitaires de Dakar, 2020, p. 95).

Entre tradition et modernité

Au-delà de l’aspect alimentaire, la vente de tripes est aussi un lieu de transmission culturelle. Aminata, plus jeune vendeuse du groupe, raconte :

« J’ai appris ce métier en observant ma mère. Aujourd’hui, je le fais à ma manière, mais l’esprit est le même : nourrir et faire vivre nos familles. »

Comme le souligne l’économiste Abdou Khadre Ndiaye, « l’économie informelle, souvent féminisée, reste une colonne vertébrale de la société sénégalaise, en particulier dans les filières liées à l’alimentation » (Économie populaire et dynamiques sociales au Sénégal, Karthala, 2019, p. 211).

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Un carrefour social et économique

À la SOGAS, la triperie apparaît ainsi comme un carrefour où se rencontrent tradition, entrepreneuriat féminin et dynamique sociale. Ce secteur, porté par des mains souvent invisibles mais indispensables, illustre la force discrète et déterminante des femmes dans l’économie urbaine sénégalaise.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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