« Non coupable » : quand la plume devient un acte de résistance
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« Je ne suis qu’une plume. Mais une plume qui porte l’espoir. » Ainsi s’achève le manifeste poignant de Frédéric Herman Tossoukpè, écrivain et citoyen engagé, qui fait de la parole un rempart contre l’oubli, de l’écriture une arme face au mutisme imposé. Sous le titre Non coupable, il ne signe pas une plainte, mais une déclaration de dignité.

Ce texte à la fois poème, réquisitoire et plaidoyer traverse les lignes comme on traverse une frontière : à ses risques et périls. Il énonce ce que tant de régimes autoritaires ou de démocraties fatiguées tentent d’étouffer : l’idée que la liberté d’expression n’est pas un luxe pour intellectuels en mal de tribune, mais une nécessité vitale pour toute société qui veut rester debout.
« Chaque mot que je trace est une bataille, chaque phrase, un cri dans le silence », écrit Tossoukpè. Ce cri-là est familier à celles et ceux qui, à travers le monde en Afrique, en Asie, dans les Amériques comme dans certaines capitales union-européennes ont vu leur voix muselée, leur plume brisée, leur dignité piétinée pour avoir osé parler.
Ce Non coupable est d’abord un refus : refus de se taire, refus de courber l’échine, refus de céder à la peur. Il rappelle que les mots ne sont jamais innocents. Lorsqu’ils percent les silences complices, lorsqu’ils dénoncent les abus ou éveillent les consciences, ils deviennent dangereux pour ceux qui tiennent au statu quo.
La figure de la « plume » ici invoquée fragile, légère, mais redoutable rejoint une longue tradition littéraire de combat. Celle d’Anna Politkovskaïa, de Norbert Zongo, de Jamal Khashoggi ou encore de Daphne Caruana Galizia. Des noms devenus symboles d’une vérité qui dérange.
Ce texte, bien que personnel, dépasse le cadre individuel. Il parle pour les anonymes : les journalistes censurés, les activistes persécutés, les écrivains interdits de publication. Il parle aussi pour les peuples qui, sous le poids de l’injustice, continuent d’espérer parce que d’autres écrivent en leur nom.
« Je porte la voix des sans-voix », dit Tossoukpè. En cela, il assume pleinement le rôle que d’aucuns voudraient réduire au silence : celui du veilleur, de l’alerte, de l’encre contre l’oubli.
Dans un contexte mondial où la répression des voix dissidentes s’accentue au Nicaragua, en Égypte, en Russie, mais aussi dans certaines démocraties dites « matures » Non coupable sonne comme un avertissement : la liberté d’expression est une conquête permanente. Elle vacille à chaque loi liberticide, à chaque journaliste inculpé, à chaque média indépendant étranglé.
Et pourtant, la plume résiste. Par elle, l’humanité refuse de renoncer à sa conscience.
La force du texte de Tossoukpè ne tient pas seulement à sa forme incantatoire ou à son engagement sans détour. Elle tient à ce qu’il nous oblige, nous lecteurs, à prendre position. Car dans le combat pour la liberté d’expression, le silence est rarement neutre.
Alors non, cette plume n’est pas coupable. Elle est nécessaire. Elle est courageuse. Et elle nous regarde, droit dans les yeux, en nous demandant : et vous, que ferez-vous de votre parole ?
*NON COUPABLE*
Laissez parler ma plume
Mesdames, Messieurs,Chaque mot que je trace est une bataille,chaque phrase, un cri dans le silence.Je suis une plume.Fragile. Légère.Mais porteuse d’une force plus puissante que les armes les plus redoutables.Je porte la voix des sans-voix, des oubliés, des opprimés.Je révèle les vérités que d’autres voudraient taire.J’éclaire les zones d’ombre où prospèrent le mensonge et la peur.Mais ce pouvoir dérange.Il dérange les tyrans, les puissants,ceux qui redoutent la lumière.Car une plume qui écrit,c’est une étincelle qui embrase les consciences,un souffle qui fait vaciller les dictatures,une arme qui blesse les intérêts des corrupteurs.Dans ce livre, je vous invite à suivre ce combat :celui de celles et ceux qui, parfois au péril de leur vie,ont choisi de ne pas se taire.Ceux qui ont payé cher leur liberté d’expression —emprisonnés, disparus, assassinés.Mais aussi ceux qui, malgré la censure, les menaces, la désinformation,ont persévéré, ont résisté, ont écrit.Car la liberté d’expression n’est pas un cadeau.Elle est un droit fondamental.Une conquête constante.Un combat de chaque instant.Je ne suis pas coupable.Je ne suis qu’une plume.Mais une plume qui porte l’espoir.Laissez-moi parler.
Frédéric Herman TOSSOUKPÈ













