Polémique en France : Dupond-Moretti fustige l’idée de faire payer les détenus pour leur incarcération
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L’ancien ministre français de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a vivement critiqué la récente proposition de Gérald Darmanin, actuel ministre de l’Intérieur, qui souhaite que les détenus participent financièrement aux frais de leur incarcération. Cette initiative, présentée comme une mesure de responsabilisation, a été qualifiée d’« absurde » par Dupond-Moretti, lors d’une interview sur RTL.
Selon lui, la priorité devrait être la rénovation du système carcéral français, et non l’instauration de frais supplémentaires pour les détenus. « Qu’est-ce qu’on va faire payer à certains détenus ? Les rats qui courent dans les coursives ? Dans les cellules ? Les matelas qui sont au sol ? À quel prix ? », s’est-il indigné, mettant en lumière les conditions de vie jugées indignes dans nombre d’établissements pénitentiaires.
Il a insisté sur l’inefficacité de la mesure, soulignant qu’elle ne bénéficierait ni aux victimes ni à l’amélioration réelle du système judiciaire. Pour Dupond-Moretti, « on ne va pas faire payer à des détenus l’indignité », rappelant au passage l’engagement présidentiel de créer 15 000 nouvelles places de prison, un chantier complexe qui ne peut être mené à bien « en un claquement de doigts ».
De son côté, Gérald Darmanin a défendu son projet sur TF1, évoquant un « rétablissement des frais d’incarcération ». Selon lui, il s’agirait d’une contribution symbolique mais significative afin de lutter contre ce qu’il qualifie de « laxisme » dans les prisons françaises. Il a aussi précisé que le fonctionnement du système carcéral représente un coût élevé pour l’État : environ 10 millions d’euros par jour, soit près de 4 milliards d’euros par an.
Deux propositions de loi concrétisant cette volonté de réforme devraient être prochainement débattues à l’Assemblée nationale. Toutefois, le débat est d’ores et déjà lancé entre partisans d’un durcissement du régime carcéral et défenseurs d’une justice plus équitable et humaine.
Cette nouvelle orientation politique soulève de nombreuses interrogations sur le traitement des détenus, la réhabilitation en prison, et le rôle de l’État dans la gestion d’un système pénitentiaire en crise depuis plusieurs décennies.
imam chroniqueur Babacar Diop













