Sarcopénie après 50 ans : comprendre la perte musculaire avant qu’elle ne devienne un handicap
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La scène est banale : monter les escaliers demande plus d’efforts qu’avant, porter les sacs de courses fatigue rapidement, jardiner devient une épreuve discrète. Beaucoup attribuent cela à « l’âge ». Pourtant, derrière ces signaux corporels se cache parfois une véritable alerte biologique : la sarcopénie, une perte progressive de masse et de force musculaires, désormais reconnue comme une pathologie.
Selon le gériatre américain John E. Morley, « la sarcopénie n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement, mais un syndrome multifactoriel que l’on peut prévenir » (Sarcopenia, Springer, 2017, p. 14). Cette vision bouscule une idée profondément ancrée : le déclin musculaire n’est pas une fatalité.
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Quand les muscles commencent à se taire
La sarcopénie évolue souvent en silence. Elle affecte progressivement la mobilité, l’équilibre, et augmente le risque de chutes. La spécialiste française en physiologie du vieillissement, Pr. Patricia Péronnet, décrit le phénomène comme « un appauvrissement graduel du tissu musculaire, aussi discret qu’un fil qui se défait » (Physiologie du vieillissement, Masson, 2019, p. 233).
Les causes sont multiples :
Diminution naturelle des hormones anabolisantes (testostérone, GH).
Sédentarité, citée par l’endocrinologue Stuart Phillips comme « la première cause modifiable de sarcopénie » (Protein Metabolism in Aging, Elsevier, 2020, p. 87).
Carences protéiques, fréquentes après 50 ans.
Maladies inflammatoires chroniques.
Troubles digestifs réduisant l’absorption des nutriments.
Certaines médications (corticoïdes, traitements anticancéreux).
Le Coran évoque cet affaiblissement progressif du corps comme un rappel de fragilité humaine :
« Allah vous a créés faibles, puis Il a fait succéder à la faiblesse la force, puis Il a fait succéder à la force la faiblesse et la vieillesse. » (Sourate 30, Ar-Rûm, verset 54).
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Pourquoi il est essentiel d’agir tôt
Ignorer la sarcopénie revient, selon le physiologiste japonais Yoshinobu Fukunaga, à « laisser s’effriter la charpente du corps sans s’en apercevoir » (Muscle Function in Aging, Tokyo Press, 2018, p. 102).
Ses conséquences peuvent être importantes :
perte d’autonomie,
risques accrus de fractures,
ralentissement du métabolisme,
fatigue persistante,
vulnérabilité immunitaire.
Les marabouts sénégalais l’ont souvent évoqué sous forme de sagesse préventive. Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh disait :
« Le corps que tu négliges te rappellera un jour chaque oubli. »
(Recueil des propos de Dabakh, Éditions Majalis, 2005, p. 61)
Comment freiner – ou inverser – la sarcopénie ?
Les spécialistes s’accordent aujourd’hui sur un point : une prise en charge précoce permet non seulement de ralentir la perte musculaire, mais parfois de récupérer une partie de la force perdue.
- Bouger chaque jour, mais intelligemment
L’activité physique est la pierre angulaire.
Le chercheur canadien Stuart Phillips recommande « au moins deux séances hebdomadaires de résistance musculaire » (Elsevier, 2020, p. 93). Ce n’est pas une affaire d’haltères lourds, mais d’exercices simples :
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squats assistés,
marcher avec un léger poids,
monter et descendre une marche,
utiliser des élastiques.
Le Prophète Muhammad encourageait également le renforcement corporel :
« Le croyant fort est meilleur et plus aimé d’Allah que le croyant faible. »
(Hadith rapporté par Muslim)
- Augmenter l’apport en protéines
Après 50 ans, les besoins montent à 1 à 1,2 g de protéines par kilo par jour.
La nutritionniste Pr. Marie-Pierre St-Onge rappelle que « l’insuffisance protéique est l’un des moteurs invisibles de la sarcopénie » (Nutrition and Aging, Columbia University Press, 2021, p. 44).
Sources simples :
poisson, œufs, volaille,
légumineuses, niébé, pois chiches,
laitages,
moringa et sésame pour les régimes africains traditionnels.
- Surveiller la vitamine D
Le gériatre Luigi Ferrucci indique que « la carence en vitamine D amplifie l’atrophie musculaire » (The Biology of Aging, Oxford University Press, 2019, p. 58).
- Réduire l’inflammation
Les muscles n’aiment pas les inflammations chroniques : alcool, stress chronique, mauvais sommeil.
Ibn al-Qayyim notait dans Zad al-Ma’ad (Dar al-Kutub al-Ilmiyya, 1998, p. 312) que « l’abus, qu’il soit alimentaire ou comportemental, finit par épuiser la nature du corps ».
- Faire un bilan médical régulier
Un simple test de force de préhension, un bilan sanguin ou une mesure de masse musculaire peut dépister la sarcopénie très tôt.
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En résumé
La sarcopénie n’est pas une sentence gravée dans le marbre. Elle est une invitation à reprendre le gouvernail de son corps avant que les vagues ne soient trop fortes.
Comme l’écrit le Dr Jeremy Walston, spécialiste du vieillissement :
« Le vieillissement musculaire n’est jamais uniforme. Ceux qui agissent tôt réécrivent son rythme. »
(Frailty and Aging, Cambridge University Press, 2020, p. 121)
Imam chroniqueur
Babacar Diop













