Sénégal face à la vague des drogues de synthèse : la jeunesse en danger

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Sénégal face à la vague des drogues de synthèse : la jeunesse en danger

Par imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

Kush, ecstasy, lean… Ces noms circulent de plus en plus dans les rues, les établissements scolaires, et sur les réseaux sociaux sénégalais. Derrière ces appellations, se cachent des drogues de synthèse à l’effet ravageur, qui inquiètent experts, policiers et médecins. Le Sénégal est désormais en première ligne face à une menace silencieuse, mais bien réelle.

Le 1er juillet 2025, en marge de la 38ᵉ Semaine nationale de sensibilisation contre la drogue, le Centre de recherche et de formation à la prise en charge clinique de Fann (Crcf) a organisé une table ronde alarmante sur l’ampleur de ce phénomène. Loin d’être un simple effet de mode, les drogues de synthèse s’installent durablement, comme l’attestent les saisies record opérées depuis 2024.

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Une prolifération inquiétante

Pour le commissaire Mody Fall, chef du renseignement à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), le pays fait face à une explosion du trafic : « Entre 2019 et 2024, les interceptions de drogues, tous circuits confondus, ont bondi. Les saisies de kush et d’ecstasy ne cessent d’augmenter ».

Les drogues de synthèse, fabriquées dans des laboratoires clandestins ou artisanaux, sont faciles à produire. « On peut les créer à partir de produits du commerce, mélangés à des sodas, et les revendre à bas prix », révèle le commissaire. L’ecstasy, autrefois vendue à 10 000 FCFA, s’écoule désormais à moins de 3 000 FCFA, ce qui en fait une drogue bon marché, prisée par une jeunesse désœuvrée, notamment dans les milieux féminins.

L’économie parallèle prospère

L’accessibilité des composants chimiques, souvent issus de l’industrie pharmaceutique légale, facilite le développement de cette économie parallèle. Selon les autorités, même les cigarettes électroniques sont parfois trafiquées et testées positives à des substances illicites.

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Autre canal redoutable : les plateformes numériques. Le commerce en ligne, boosté par la pandémie, est désormais un outil clé pour les trafiquants. « Les jeunes peuvent acheter sans être repérés. Les “GP” – des convoyeurs sénégalais – ramènent également des drogues depuis l’Europe ou l’Asie », précise le commissaire Fall.

Appel à une réponse multisectorielle

Face à cette menace protéiforme, le Dr Karim Diop, secrétaire général du CRCF, appelle à une refonte totale des stratégies publiques. « Nous ne pouvons plus nous contenter de la seule répression. Il faut investir dans la recherche scientifique, comprendre ce que nos jeunes consomment, et pourquoi », soutient-il.

Selon lui, les causes sont profondes : chômage, précarité, perte de repères. « Tant que la jeunesse ne verra pas d’avenir, elle restera une proie facile pour les trafiquants », avertit-il.

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Il propose une stratégie triptyque : science, prévention et volonté politique. Cela passe par un meilleur encadrement, des politiques sociales fortes, mais aussi un dialogue franc avec les jeunes.

Des parents trop absents ?

La Dr Khoudia Sow, également présente, interpelle les familles : « Les parents doivent reprendre leur rôle d’éducateurs. Ils sont souvent les derniers à savoir que leur enfant se drogue ». Elle regrette également que les acteurs de terrain soient écartés des établissements scolaires, par crainte d’“incitation”. Un paradoxe, selon elle, qui freine une véritable prévention ciblée.

Le Sénégal est à la croisée des chemins. Entre un marché de la drogue de plus en plus sophistiqué et une jeunesse vulnérable, l’équation est complexe. Mais sans action collective, scientifique et éducative, c’est une génération entière qui risque de sombrer.

imam chroniqueur Babacar Diop

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