Tensions régionales : l’Algérie aurait déployé des miliciens du Polisario en Tunisie pour renforcer le régime de Kaïs Saïed

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Tensions régionales : l’Algérie aurait déployé des miliciens du Polisario en Tunisie pour renforcer le régime de Kaïs Saïed

Dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre l’Algérie et le Maroc autour de la question du Sahara Occidental, de nouvelles révélations suggèrent une implication militaire discrète d’Alger sur le territoire tunisien. D’après des sources proches du dossier citées par l’Agence Afrique et le magazine Jeune Afrique, le président algérien Abdelmadjid Tebboune aurait ordonné le déploiement de miliciens du Front Polisario en Tunisie afin de soutenir le régime du président Kaïs Saïed, de plus en plus contesté sur le plan interne et international.

Une coopération étroite entre Alger et Tunis

Selon ces informations, une conversation téléphonique entre les deux chefs d’État, survenue pendant la fête de l’Aïd El-Adha, aurait scellé un nouvel axe de coopération. Lors de cet échange, Tebboune aurait sollicité Kaïs Saïed pour accueillir sur le sol tunisien des figures du Polisario résidant jusque-là dans les camps de réfugiés de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie.

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En retour, la Tunisie aurait renoncé à sa traditionnelle position de neutralité sur le dossier du Sahara Occidental, en se rapprochant des thèses défendues par Alger, qui soutient le Polisario face au Maroc.

Des précédents inquiétants

Ce n’est pas la première fois que des combattants du Front Polisario sont impliqués dans des opérations militaires en dehors des zones sahariennes. Par le passé, des éléments affiliés au mouvement ont été signalés en Libye durant le soulèvement contre Mouammar Kadhafi, ainsi qu’en Syrie, où ils auraient participé à la défense du régime de Bachar al-Assad.

Ces nouvelles allégations relancent le débat sur l’utilisation par Alger d’acteurs non étatiques dans sa stratégie d’influence régionale, notamment dans un contexte où le pays cherche à renforcer sa présence au Sahel après une série de revers diplomatiques.

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Repli stratégique vers la Russie

Face à une perte de leadership dans la région sahélienne, notamment au Mali, au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie, l’Algérie aurait intensifié ses liens avec la Russie. Moscou, en quête de nouvelles alliances africaines, aurait envoyé des délégations militaires de haut niveau à Alger. En novembre 2024, le général Alexander Fomine, vice-ministre russe de la Défense, aurait été accompagné du général Sergueï Sourovikine — figure clé du groupe Wagner — lors d’une rencontre confidentielle avec le chef d’état-major algérien Saïd Chengriha.

Des rapports issus de sources russes et occidentales indiquent que Sourovikine, ancien commandant de Wagner, aurait été discrètement nommé à la tête des conseillers militaires russes en Algérie, marquant ainsi une étape supplémentaire dans la coopération sécuritaire russo-algérienne.

Inquiétudes régionales

Face à ces dynamiques, certains pays voisins comme la Mauritanie ont pris des mesures préventives en renforçant le contrôle de leurs frontières, pour éviter d’éventuelles infiltrations de miliciens issus des camps de Tindouf. Ces mouvements de troupes non étatiques inquiètent les observateurs internationaux, notamment dans un contexte où la stabilité régionale reste fragile.

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Isolement croissant du régime algérien

Selon plusieurs analystes, ces choix stratégiques témoignent d’un isolement croissant du régime algérien sur la scène internationale. À l’intérieur du pays, le pouvoir est régulièrement accusé de réprimer les voix dissidentes, et à l’extérieur, il peine à obtenir un soutien durable pour ses positions sur le Sahara.

Le soutien accordé au régime tunisien de Kaïs Saïed, de plus en plus décrié pour ses dérives autoritaires, pourrait accentuer cette image d’un pouvoir algérien prêt à tout pour contrer l’influence marocaine, quitte à s’engager dans des alliances risquées et controversées.

Imam chroniqueur Babacar Diop

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