Togo – Discours du ministre togolais Robert Dussey à l’ONU : entre chiffres officiels et vécu quotidien des citoyens

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Togo – Discours du ministre togolais Robert Dussey à l’ONU : entre chiffres officiels et vécu quotidien des citoyens

New York / Lomé, septembre 2025 –
À la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a livré un tableau optimiste de la situation sanitaire et sociale du pays. Il a notamment souligné que 90,7 % de la population togolaise bénéficie désormais d’une accessibilité géographique aux services de santé, tout en rappelant que plus de 3 millions de personnes sont déjà couvertes par l’Assurance Maladie Universelle (AMU).

Un discours qui se veut rassurant et qui, à l’international, met en avant les efforts du Togo pour rapprocher les services sociaux de base de ses citoyens. Mais sur le terrain, au pays comme dans la diaspora, ces chiffres suscitent autant d’interrogations que de fierté.

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L’accessibilité géographique : une réalité partielle

En effet, l’indicateur présenté par le ministre – 90,7 % d’accessibilité géographique – signifie que la grande majorité de la population vit à moins de cinq kilomètres d’un centre de santé. Sur le papier, ce chiffre est encourageant. Mais pour de nombreux citoyens, cette donnée ne reflète pas entièrement la réalité.

« Le problème n’est pas seulement d’habiter à moins de cinq kilomètres d’un centre de santé. Le vrai défi, c’est : est-ce que tous les Togolais ont les moyens de se payer des soins ? Et est-ce que les soins reçus sont de qualité ? », souligne un administrateur de services de santé, interrogé par notre rédaction.

L’accessibilité financière et la qualité des soins, grands absents du tableau

En matière d’accessibilité aux soins, plusieurs paramètres doivent être pris en compte :

Accessibilité géographique : proximité d’un centre de santé ;

Accessibilité financière : capacité des populations à payer les soins ;

Accessibilité aux soins primaires de qualité : disponibilité d’un personnel qualifié, d’un plateau technique adéquat et de médicaments essentiels.

Si l’État met en avant la progression de l’AMU, beaucoup s’interrogent encore sur son effectivité. « Trois millions de bénéficiaires, c’est une avancée, mais combien parmi eux arrivent réellement à se faire soigner sans renoncer à d’autres besoins vitaux ? », interroge un citoyen lambda.

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Car au-delà des chiffres, la réalité quotidienne reste difficile : manque de personnel qualifié, équipements vétustes, ruptures fréquentes de médicaments. Dans de nombreux centres de santé, être proche géographiquement ne garantit pas un accès à un soin efficace et de qualité.

Un décalage entre discours diplomatique et attentes sociales

Ce contraste entre le discours officiel et les réalités vécues n’est pas passé inaperçu, surtout dans la diaspora où beaucoup ont exprimé leur scepticisme. Certains y voient un discours diplomatique classique, destiné à renforcer l’image du Togo auprès des partenaires et bailleurs. D’autres estiment que ces chiffres méritent d’être nuancés par des indicateurs plus complets, intégrant la dimension financière et qualitative des soins.

Et après ?

L’intervention du ministre togolais à l’ONU pose ainsi une question de fond : comment faire en sorte que les statistiques ne soient pas seulement un instrument de communication, mais aussi le reflet fidèle de la vie des citoyens ? Pour beaucoup, il s’agit de renforcer la transparence, mais surtout de mettre en œuvre des mesures concrètes pour améliorer non seulement la proximité, mais aussi l’accessibilité financière et la qualité des soins.

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Car comme le rappelle un observateur : « L’accessibilité géographique est une bonne nouvelle, mais tant que les soins restent inabordables ou insuffisants, les Togolais ne se sentiront pas concernés par ces chiffres ».

La Rédaction

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