Tribunal de grande instance de Thiès : un réseau d’escroquerie infiltre la détresse des familles de détenus

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Tribunal de grande instance de Thiès : un réseau d’escroquerie infiltre la détresse des familles de détenus

Thiès – Ce qui devait être une quête désespérée pour sauver un frère s’est transformé en piège implacable. Quatre individus, dont une agente de sécurité et de proximité (ASP) en poste au Parquet, ont été arrêtés par la gendarmerie pour association de malfaiteurs, usurpation de fonctions et escroquerie, dans une affaire qui jette une ombre troublante sur les abords du palais de justice de Thiès.

Une détresse exploitée

Tout commence en septembre 2025. D. Ba, ambulancier, vit une épreuve familiale éprouvante : son jeune frère, M. Ba, poursuivi pour viol sur mineure suivi de grossesse, est placé en détention préventive. Désemparé, il multiplie les démarches pour obtenir une remise en liberté.

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C’est dans ce contexte de vulnérabilité que D. Mbodj l’aurait approché, se présentant comme un intermédiaire bien introduit dans les sphères judiciaires. Très vite, il met la victime en relation avec D. Fall, qui se serait fait passer pour un magistrat en fonction au Tribunal de grande instance de Thiès.

Le prétendu « juge » exige d’abord six millions de francs CFA pour intervenir auprès du Procureur de la République. Après négociation, le montant est ramené à trois millions. Séduit par la promesse d’une libération rapide, D. Ba verse progressivement 1 950 000 FCFA, dont 1 500 000 remis contre décharge, le solde devant être réglé après la libération effective du détenu.

Mais les semaines passent. Puis les mois. Aucune avancée. Aucune audience accélérée. Aucune libération. Le frère demeure en prison.

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Un réseau structuré

Saisie d’une plainte, la Brigade territoriale de gendarmerie de Thiès ouvre une enquête. Les investigations révèlent l’existence d’un réseau organisé.

Trois des mis en cause — D. Fall, D. Mbodj et D. Ndiaye — ne figuraient dans aucun effectif du personnel judiciaire. En revanche, A. Faye était bel et bien en service au Tribunal, en qualité d’ASP détachée au Parquet du Procureur.

Ne portant pas de tenue distinctive, elle aurait exploité sa présence dans les locaux et sa connaissance des circuits administratifs pour se présenter comme la secrétaire particulière d’un magistrat, renforçant ainsi la crédibilité du stratagème.

Selon les éléments recueillis, les fonds versés auraient circulé entre les membres du groupe : de D. Fall vers A. Faye, puis vers D. Ndiaye, soupçonné d’agir comme rabatteur en lien avec un acteur du milieu judiciaire.

Des preuves numériques accablantes

L’exploitation des téléphones portables saisis aurait permis de découvrir des enregistrements audio et des traces de transactions financières confirmant la concertation et les flux d’argent entre les protagonistes.

Face aux enquêteurs, les suspects auraient reconnu avoir agi de concert pour soutirer les fonds, tout en contestant formellement l’usurpation de fonctions judiciaires.

Une affaire sensible

En raison de la nature des faits et du statut de l’une des prévenues, l’audience s’est tenue à huis clos. À l’issue des débats, le Tribunal de grande instance de Thiès a mis l’affaire en délibéré jusqu’au mois de mars. Les quatre prévenus ont regagné la prison centrale de Thiès, en attendant le verdict.

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Un acteur du milieu judiciaire pourrait être cité dans la suite de la procédure, selon des sources concordantes.

Au-delà du fait divers

Cette affaire met en lumière une réalité préoccupante : la vulnérabilité des familles confrontées à l’incarcération d’un proche. Dans ces moments de détresse, l’espoir devient parfois la porte d’entrée des manipulateurs.

Elle interroge également sur la nécessité d’un encadrement plus strict des abords judiciaires et d’une meilleure information des citoyens quant aux procédures légales. Car dans un État de droit, aucune liberté ne s’achète — elle se décide dans le respect exclusif des règles de justice.

Le verdict attendu en mars sera scruté avec attention, tant pour la sanction pénale que pour le message institutionnel qu’il enverra.

Par imam chroniqueur
Babacar Diop

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