« Vivre ensemble : la République des égards et de la sagesse »
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La vie collective ressemble souvent à un sentier de sable fin : chacun y laisse son empreinte, parfois sans percevoir celles déjà tracées par les autres. La société se construit ainsi, pas à pas, dans une mosaïque de gestes et d’attention. Le vivre-ensemble n’est ni un slogan ni une posture superficielle : c’est un artisanat quotidien, un tissu d’égards qui empêche notre communauté de se déchirer.
Nos sociétés paraissent parfois fatiguées, traversées par le vacarme des colères et le tumulte des polémiques. Pourtant, il suffit souvent d’un rien pour apaiser les tensions : une écoute sincère, un mot mesuré, une intention bonne. Abdennour Bidar écrit dans Lettre ouverte au monde musulman (p. 43) :
« L’attention à l’autre est le premier acte de civilisation. »
Susan Pinker, dans The Village Effect (p. 112), souligne que « la cohésion sociale se nourrit des petits gestes du quotidien ». Ces gestes discrets sont le ciment moral d’une nation.
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Maçons et jardiniers du quotidien
Le vivre-ensemble exige d’être « un peu maçon, pour réparer les fissures de l’incompréhension, et un peu jardinier, pour arroser ce qui pousse entre nous ». Les religions insistent sur cette attention à l’autre :
« Et entraidez-vous dans la bonté et la piété » (Coran, Sourate 5, verset 2)
« Le croyant n’est croyant que lorsqu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui-même » (Sahih al-Bukhari, hadith 13).
Serigne El Hadji Malick Sy rappelait :
« Nul ne peut prétendre servir Dieu s’il blesse son prochain dans ce que Dieu a sanctifié. »
Et Serigne Touba enseignait :
« Ku moytu nit, moytu Yàlla » — « Celui qui épargne l’homme épargne Dieu. »
Amadou Hampâté Bâ résumait ainsi la puissance des mots :
« La parole, lorsqu’elle est belle et juste, est une prière qui voyage. »
Ces paroles demeurent des repères précieux pour guider nos interactions quotidiennes.
Le citoyen, fragment vivant de la République
Chaque citoyen porte en lui un fragment de la République en gestation. Souleymane Bachir Diagne écrit dans En quête d’Afrique(s) (p. 57) :
« La citoyenneté commence là où s’arrête la méfiance qui fait de l’autre une menace. »
Le Prophète (paix sur lui) rappelle la valeur de l’humilité et du contrôle de soi :
« Le fort n’est pas celui qui terrasse son adversaire, mais celui qui se maîtrise lorsque la colère le saisit » (Sahih al-Bukhari).
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Imam Babacar Diop
« La République se protège moins par des lois que par des égards. Une société ne s’effondre jamais parce que ses citoyens sont différents, mais lorsqu’ils cessent de s’écouter. »
Et dans Paraboles du Vivre Ensemble, il ajoute :
« Le respect n’est pas une politesse : c’est une discipline. Et la discipline du cœur vaut plus que celle des décrets. »
L’effort moral, cœur discret de la cohésion
La cohésion sociale ne tient pas par miracle. Elle exige un effort moral constant, fait de choix silencieux : préférer la compréhension à la suspicion, l’apaisement à la provocation, la bonté à l’orgueil. Elinor Ostrom, prix Nobel, théorisait dans Governing the Commons (p. 21) :
« Les sociétés durables reposent sur des engagements moraux invisibles. »
Cheikh Abdoul Aziz Sy Dabakh insistait sur le rôle du cœur :
« La paix sociale commence là où chaque cœur veille sur le cœur de l’autre. »
Et Imam Babacar Diop conclut :
« La nation ne tient debout que si les citoyens tiennent leur cœur en éveil. La République est un pacte moral avant d’être un pacte politique. »
« Une nation ne tombe jamais lorsque ses citoyens prennent soin les uns des autres. Elle tombe lorsqu’ils cessent de le faire. »
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Conclusion
Une République des égards mutuels n’a rien de naïf : elle est profondément réaliste. Un peuple qui se respecte avance, même dans la fatigue, la diversité et le doute. Le respect n’est pas une option sociale, mais une architecture intérieure. Il est le ciment invisible qui transforme la coexistence en véritable vivre-ensemble.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













