ÉDITORIAL : Quand l’avidité empoisonne les moteurs… et les consciences

Votre Pub ici !

Partager cet article
ÉDITORIAL : Quand l’avidité empoisonne les moteurs… et les consciences

Il y a des crimes qui ne font pas de bruit. Ils ne crépitent pas dans les armes à feu, ne débrayent pas la chronique judiciaire par des montants astronomiques ou des scandales politiques retentissants. Pourtant, leurs dégâts sont profonds, durables, invisibles à l’œil nu mais terriblement réels. L’affaire du « faux gasoil » fabriqué à Léguéma, à quelques encablures de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, illustre parfaitement cette catégorie de délits insidieux. Des délits qui tuent à petit feu.

Ce que certains pourraient appeler un « fait divers » est en réalité un crime écologique, sanitaire et économique d’une gravité exceptionnelle. Pendant deux longues années, à l’abri des regards et de l’éthique, une véritable usine clandestine a transformé l’huile de vidange usagée, la soude caustique et l’acide sulfurique en une marchandise empoisonnée : un carburant contrefait, revendu à grande échelle, parfois jusque dans les réservoirs des motos, camions et groupes électrogènes qui irriguent notre quotidien.

À lire aussi : Concours Général 2025 : Ameth Babou sacré Meilleur Élève du Sénégal

Ce « gasoil artisanal » n’est pas une innovation. C’est une bombe à retardement.
Carburer avec du poison, c’est risquer l’asphyxie des moteurs, l’altération des sols, la pollution des nappes phréatiques, l’émission accrue de particules fines… Et surtout, c’est empoisonner des vies humaines. Le danger ne s’arrête pas au moteur : il s’infiltre dans l’air que nous respirons, les récoltes que nous consommons, le corps des enfants qui grandissent non loin des fumées.

Une chaîne de complicités ?

Ce drame soulève une question troublante : comment une telle opération a-t-elle pu durer deux ans sans être démantelée ?
Quel réseau de silence, de complicité ou d’indifférence a permis cette activité criminelle ? L’affaire révèle peut-être un pan plus large d’un trafic structuré, dépassant le simple cadre artisanal pour interroger nos politiques de contrôle, nos capacités de régulation, et surtout, notre seuil de tolérance à l’inacceptable.

Quand le profit prime sur la vie

À lire aussi : Justice à Dakar : une jeune femme condamnée pour diffusion d’images intimes de son amant sexagénaire

Ce trafic nous parle d’avidité. De cette soif de profit immédiat qui fait fi de l’intérêt collectif. Il nous parle de la banalisation du danger, de la marchandisation du mal, de l’érosion de la conscience éthique dans une société où le gain rapide est parfois glorifié plus que le travail honnête.
Il nous interpelle, nous tous : consommateurs, autorités, vendeurs de carburant, douaniers, politiques, journalistes, citoyens.

Le silence serait une seconde faute. Il est urgent de désintoxiquer nos consciences, de tirer les leçons de ce scandale pour renforcer les dispositifs de contrôle, d’exiger la traçabilité réelle des carburants, et d’en finir avec cette impunité qui laisse prospérer des criminels à visage d’entrepreneur.

À lire aussi : UEMOA : Une dépendance alimentaire chronique qui pèse 3 000 milliards de FCFA par an

Ce n’est pas juste un faux carburant.

C’est une trahison collective.
Trahir l’air que nous respirons, c’est trahir la vie elle-même.

— Rédaction Dunia News

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci