À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a prononcé l’un de ses discours les plus offensifs contre Vladimir Poutine depuis le début de l’invasion russe. Devant les dirigeants du monde entier, il a accusé le chef du Kremlin d’alimenter une guerre sans fin et a exhorté la communauté internationale à intensifier la pression économique contre la Russie.

New York a une nouvelle fois servi de théâtre à l’affrontement diplomatique entre Kiev et Moscou. Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année, Volodymyr Zelensky a profité de la tribune de l’ONU pour lancer un appel direct aux États membres : selon lui, tant que la Russie disposera des ressources financières nécessaires pour soutenir son effort militaire, les perspectives de paix resteront limitées.
« Le patient zéro » de la guerre
Dans un discours marqué par des formules fortes, le président ukrainien a présenté Vladimir Poutine comme le principal moteur du conflit.
Selon la transcription publiée par la présidence ukrainienne, Volodymyr Zelensky a déclaré que le dirigeant russe était « le patient zéro » à partir duquel « l’idée de guerre continue de se propager ». Il a estimé que plus le président russe dispose d’une marge de manœuvre importante, plus le monde devient dangereux.
Le chef de l’État ukrainien a également remis en cause l’image d’un dirigeant russe pragmatique ou modéré. « Y a-t-il encore quelqu’un qui pense qu’il est raisonnable et modéré ? », a-t-il lancé devant les représentants des États membres, dénonçant ce qu’il considère comme une fuite en avant militaire du Kremlin.
Les sanctions au cœur de son plaidoyer
Au-delà des critiques contre Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky a surtout cherché à convaincre ses partenaires de maintenir la pression économique sur Moscou.
Selon lui, la guerre se poursuit en grande partie grâce aux revenus tirés du commerce et des exportations russes. « Quand la Russie a de l’argent, elle dit toujours non à la diplomatie », a-t-il affirmé, estimant que les ressources financières du pays permettent au Kremlin de prolonger le conflit et de résister aux initiatives de paix.
Le président ukrainien a insisté sur le fait que les frappes menées par son pays contre certaines infrastructures russes ne visent pas l’industrie pétrolière en tant que telle, mais la capacité de Moscou à financer la guerre. Selon lui, réduire les revenus de la Russie demeure l’un des moyens les plus efficaces pour pousser le Kremlin vers des négociations sérieuses.
Un message adressé à l’ensemble de la communauté internationale
Dans son intervention, Volodymyr Zelensky a également affirmé que la guerre ne concernait plus uniquement l’Ukraine et la Russie. Il a évoqué la participation de ressortissants de plusieurs dizaines de pays au conflit et a appelé les gouvernements concernés à empêcher leurs citoyens d’être recrutés pour combattre aux côtés des forces russes.
Le président ukrainien a par ailleurs averti que les conséquences de la guerre dépassent largement le champ militaire. Énergie, sécurité alimentaire, infrastructures critiques et stabilité internationale sont, selon lui, directement affectées par la poursuite des hostilités.
Moscou continue de rejeter la pression occidentale
Ces déclarations interviennent alors que la Russie continue de dénoncer les sanctions occidentales qu’elle considère comme inefficaces et illégitimes. Moscou affirme régulièrement rester ouverte à des discussions sur un règlement du conflit, tout en rejetant les conditions posées par Kiev et ses alliés.
De son côté, l’Ukraine estime que seule une pression économique et diplomatique accrue peut contraindre le Kremlin à modifier sa stratégie. Le discours de Volodymyr Zelensky à l’ONU s’inscrit ainsi dans une campagne plus large visant à maintenir la mobilisation internationale autour du soutien à Kiev.
Une guerre toujours au centre des préoccupations mondiales
Près de cinq ans après le début de l’offensive russe, le conflit ukrainien demeure l’un des principaux sujets abordés lors de cette session de l’Assemblée générale des Nations unies. Malgré les initiatives diplomatiques évoquées ces derniers mois, aucun règlement durable ne semble encore en vue.
Dans ce contexte, l’intervention de Volodymyr Zelensky apparaît comme un nouvel appel à la solidarité internationale, mais aussi comme une tentative de rappeler aux partenaires de l’Ukraine que, selon Kiev, la pression sur Moscou ne doit pas faiblir tant que la guerre se poursuit.
Rédaction DUNIA NEW’S















