Bénin : 5 000 FCFA pour trois jours de couverture médiatique, le cri de colère des professionnels des médias face au manque de considération

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Bénin : 5 000 FCFA pour trois jours de couverture médiatique, le cri de colère des professionnels des médias face au manque de considération

Cotonou, 30 octobre 2026 – La rémunération des professionnels des médias mobilisés pour la couverture des grands événements continue de soulever des interrogations sur la reconnaissance du travail journalistique. À Cotonou, une situation survenue en marge d’un sommet organisé du mercredi au vendredi 30 octobre 2026 relance le débat sur les conditions de collaboration entre les organisateurs d’événements et les acteurs de la presse.

Durant trois jours, journalistes, reporters, techniciens et autres professionnels des médias ont été sollicités pour assurer la couverture de cette rencontre d’envergure. Présence aux différents panels, déplacements entre les salles de travaux, interviews des participants et production de contenus destinés à la presse écrite, à la radio et à la télévision : les équipes de presse ont été mobilisées pour garantir une visibilité médiatique à l’événement.
Au terme de cette mission, les attentes des professionnels des médias ont cependant laissé place à une vive déception. Selon un témoignage relayé par Naguézé Communication, lors de la distribution des indemnités dans l’après-midi du vendredi 30 octobre, chaque journaliste aurait perçu seulement 5 000 FCFA au titre de perdiem pour les trois jours de couverture. Dans certains cas, une enveloppe de 10 000 FCFA aurait été remise à deux personnes, soit 5 000 FCFA par bénéficiaire.

Cette situation a provoqué une vague d’indignation chez certains professionnels des médias, qui estiment que le montant alloué ne reflète ni la durée de la mobilisation ni les exigences liées à la couverture d’un événement de cette importance.
En effet, assurer une couverture médiatique pendant 72 heures implique des dépenses parfois importantes : transport, carburant, restauration, communication et mobilisation des équipements professionnels. À ces contraintes matérielles s’ajoutent le temps consacré à la mission, les déplacements répétés et les obligations de production dans des délais souvent serrés.
Pour les journalistes concernés, la question dépasse donc le seul montant de l’indemnité. Elle renvoie davantage à la place accordée aux professionnels des médias dans l’organisation des manifestations publiques et institutionnelles.

Au-delà de la polémique financière, cet épisode remet sur la table une problématique récurrente : celle de la valorisation du travail journalistique dans les événements qui sollicitent fortement les médias pour leur visibilité.
Les journalistes ne sont pas de simples invités dont la présence servirait à donner du prestige à une cérémonie. Ils sont des professionnels qui mettent à contribution leurs compétences, leur temps, leurs équipements et leurs ressources pour informer le public et assurer le relais médiatique des initiatives.
Dès lors, solliciter une couverture médiatique soutenue sans prévoir des conditions matérielles adaptées revient à fragiliser une collaboration qui devrait pourtant reposer sur le respect et la reconnaissance mutuels.
Il convient également de distinguer le perdiem, destiné à prendre en charge certaines dépenses liées à une mission, des honoraires correspondant à une véritable prestation journalistique. Cette distinction devrait encourager les organisateurs à mieux définir, en amont, les modalités de collaboration avec les médias.

Face à cette situation, la responsabilité des organisations professionnelles de presse apparaît également au cœur du débat. Leur rôle ne devrait pas se limiter à défendre la liberté d’expression et la sécurité des journalistes. Il importe aussi qu’elles contribuent à promouvoir de meilleures conditions d’exercice du métier, notamment en matière de rémunération et de prise en charge des missions de couverture médiatique.
L’élaboration de barèmes indicatifs, la sensibilisation des organisateurs et l’instauration de cadres de collaboration plus transparents pourraient constituer des pistes de réflexion pour prévenir de telles situations.
En somme, la qualité d’un événement ne se mesure pas uniquement à son organisation, à la notoriété de ses participants ou à l’importance des moyens mobilisés. Elle se mesure également à la considération accordée à tous les acteurs qui contribuent à sa réussite.

À Cotonou, cette affaire rappelle une évidence, celle de la couverture médiatique est un travail professionnel qui mérite des conditions dignes et une reconnaissance à sa juste valeur. Le respect de la presse ne saurait se limiter aux badges d’accès, aux places réservées ou aux espaces de travail. Il doit aussi se traduire par une véritable considération des femmes et des hommes qui font vivre l’information.

Source : Témoignage publié par Naguézé Communication.

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