Une nouvelle étape vient d’être franchie dans le dossier des démolitions controversées de Koumassi Campement. Le Collectif des familles victimes de la destruction de biens meubles et immeubles sur ce site a officiellement déposé une plainte auprès du Procureur de la République contre plusieurs personnes qu’il estime impliquées dans les opérations ayant conduit à la destruction du quartier le 3 juin 2026.
Selon les informations communiquées par le collectif, la plainte a été enregistrée le 30 septembre 2026. Elle vise notamment M. Alloui Brou Jacques ainsi que d’autres personnes dont les responsabilités devront être déterminées par l’enquête judiciaire en cours.

Une plainte pour plusieurs infractions présumées
Dans le document adressé au parquet, les plaignants dénoncent notamment des faits présumés de destruction volontaire de biens appartenant à autrui, de violation de domicile, de violences et de voies de fait. Le collectif indique également vouloir que toute autre infraction qui pourrait être révélée au cours des investigations fasse l’objet de poursuites.
Les victimes affirment avoir subi d’importants préjudices matériels et financiers lors de l’opération de démolition menée dans ce quartier populaire de la commune de Koumassi.
Le récit des victimes
Dans leur plainte, les sinistrés reviennent sur les événements du 3 juin 2026. Ils soutiennent qu’aux environs de 8 heures, plusieurs véhicules de police, accompagnés d’engins de chantier, notamment des pelles mécaniques, sont intervenus sur le site pour procéder à la destruction des habitations et autres constructions.
Selon leur version des faits, les démolitions auraient été réalisées sans notification préalable aux propriétaires, aux occupants ou aux locataires. Les plaignants affirment également que plusieurs commerces, lieux de culte et établissements scolaires confessionnels ont été touchés par l’opération.
Le collectif évoque par ailleurs la perte de nombreux effets personnels, de documents administratifs, d’équipements professionnels ainsi que d’importantes sommes d’argent restées sous les décombres. Les victimes soutiennent également avoir été empêchées de récupérer certains biens après les destructions.
Une affaire déjà au cœur d’une enquête judiciaire
Cette plainte intervient alors que le parquet d’Abidjan poursuit depuis plusieurs mois une enquête sur les circonstances des démolitions de Koumassi Campement. Le 16 septembre dernier, lors d’une conférence de presse, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, Koné Braman Oumar, avait indiqué que les investigations se poursuivaient afin de situer les responsabilités dans cette affaire.
Le magistrat avait notamment affirmé que la décision de justice invoquée pour justifier les démolitions n’autorisait pas la destruction des constructions concernées. Selon les conclusions présentées par le parquet, la procédure judiciaire évoquée portait sur un nombre limité d’habitations et ne couvrait pas l’ensemble du site qui a été détruit.
Les victimes réclament justice
Depuis plusieurs semaines, les représentants des familles sinistrées multiplient les démarches auprès des autorités judiciaires. Le collectif avait déjà appelé à l’accélération de l’enquête et au descellement du site afin de permettre aux propriétaires d’accéder à leurs biens ou d’envisager leur reconstruction.
Selon différentes estimations relayées par les organisations de victimes, plusieurs milliers de personnes auraient été affectées par les démolitions du quartier. Beaucoup de familles demeurent aujourd’hui confrontées à des difficultés de relogement et à la perte de leurs biens.
En attendant les conclusions de la justice
Avec cette plainte formelle, les victimes espèrent obtenir réparation et voir les responsabilités clairement établies. De son côté, la justice ivoirienne poursuit ses investigations afin de faire toute la lumière sur les circonstances ayant entouré l’opération du 3 juin 2026.
Alors que l’affaire continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique, les conclusions de l’enquête judiciaire sont désormais très attendues par les familles sinistrées, les autorités et l’ensemble des acteurs impliqués dans ce dossier sensible.
Rédaction DUNIA NEW’S















