Des organisations de défense des droits humains dénoncent un texte qui pourrait faciliter les mariages précoces et renforcer la vulnérabilité des jeunes filles.
Une nouvelle décision des autorités talibanes en Afghanistan suscite une vive controverse au sein des organisations internationales de défense des droits humains. Au cœur des critiques figure un décret qui reconnaît la possibilité pour des parents de conclure, au nom de leurs enfants mineurs, des contrats de mariage fondés sur une pratique traditionnelle encore présente dans certaines régions du pays.

Selon plusieurs observateurs, cette mesure pourrait avoir des conséquences importantes sur les droits des enfants, en particulier ceux des jeunes filles, déjà fortement affectés par les restrictions imposées depuis le retour des talibans au pouvoir en août 2021.
Dans plusieurs communautés afghanes, il existe depuis longtemps une coutume selon laquelle deux familles s’engagent mutuellement à unir leurs enfants à une date ultérieure. Ces accords, parfois conclus lorsque les enfants sont encore très jeunes, reposent généralement sur des arrangements familiaux destinés à renforcer des liens sociaux ou à régler certains différends entre familles.
Jusqu’à présent, ces promesses relevaient principalement de traditions locales et n’avaient pas toujours de reconnaissance juridique claire.
Le nouveau texte adopté par les autorités talibanes prévoit désormais que les parents puissent formaliser ces engagements à travers un contrat de mariage signé avant que les enfants n’atteignent l’âge adulte.
Selon les dispositions rapportées par plusieurs médias et organisations spécialisées, le contrat pourrait être contesté ou annulé lorsque les enfants atteignent la puberté.
Cependant, cette annulation ne pourrait intervenir automatiquement. Elle devrait être soumise à une procédure devant une juridiction compétente, ce qui suscite déjà de nombreuses interrogations.
Pour plusieurs défenseurs des droits humains, cette exigence risque de rendre difficile, voire impossible dans certains cas, la remise en cause de ces engagements familiaux, notamment pour les jeunes filles vivant dans des zones rurales ou dépendantes de leur famille.
De nombreuses organisations internationales estiment que cette disposition pourrait contribuer à institutionnaliser davantage les mariages précoces.
Selon elles, même si le texte prévoit théoriquement une possibilité de retrait, les réalités sociales, économiques et culturelles du pays pourraient exercer une forte pression sur les enfants concernés.
Les ONG craignent particulièrement que des adolescentes soient placées dans une situation où le refus du mariage deviendrait extrêmement difficile, surtout dans un contexte où l’accès à l’éducation, à la justice et à l’autonomie économique demeure limité pour les femmes afghanes.
Plusieurs organisations rappellent que le mariage précoce est associé à des risques importants, notamment l’abandon scolaire, les complications médicales liées aux grossesses précoces et diverses formes de violences domestiques.
Cette polémique intervient alors que les autorités talibanes font déjà l’objet de nombreuses critiques concernant les droits des femmes et des filles.
Depuis leur retour au pouvoir, les restrictions visant l’accès des femmes à l’éducation, à l’emploi public et à certains espaces sociaux ont suscité de vives condamnations de la part des Nations unies, de l’Union européenne et de nombreuses organisations internationales.
Les talibans, de leur côté, affirment régulièrement que leurs décisions s’inscrivent dans le respect des traditions afghanes et de leur interprétation de la loi islamique.
L’adoption de cette nouvelle mesure relance un débat sensible sur la protection des enfants et la place des traditions dans les législations nationales.
Alors que les défenseurs des droits humains appellent la communauté internationale à suivre de près l’application de cette loi, plusieurs experts estiment que ses conséquences réelles dépendront largement de son interprétation par les tribunaux et de son application sur le terrain.
Une chose est certaine : cette décision place une nouvelle fois l’Afghanistan au centre des préoccupations internationales concernant les droits des femmes, des filles et des enfants.
Rédaction DUNIA NEW’S.














