Burkina Faso : Le Parlement de transition adopte une loi pour créer une réserve militaire citoyenne de 100 000 membres

Votre Pub ici !

Partager cet article

Face à la crise sécuritaire persistante, les autorités burkinabè misent sur une mobilisation nationale élargie autour des forces de défense.

L’Assemblée législative de transition (ALT) du Burkina Faso a adopté à l’unanimité une nouvelle loi instituant une réserve militaire nationale à caractère citoyen. Le texte prévoit la constitution progressive d’un corps de 100 000 réservistes d’ici à la fin de l’année 2026, dans un contexte marqué par l’intensification de la lutte contre les groupes armés terroristes dans plusieurs régions du pays.

Cette réforme s’inscrit dans la stratégie sécuritaire portée par les autorités de transition dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré, qui multiplient depuis plusieurs mois les initiatives visant à renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées nationales.


Selon les dispositions adoptées par les députés de transition, la future réserve militaire sera organisée autour de deux composantes distinctes.

La première catégorie, appelée “réserve de premier ordre”, regroupera principalement les anciens militaires ainsi que les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Créés en 2020, les VDP constituent des unités paramilitaires civiles chargées d’appuyer l’armée dans les opérations de sécurisation et de renseignement local.

Ces profils étant déjà formés ou expérimentés, ils pourront être mobilisés rapidement sans passer par un nouveau cycle d’instruction militaire.

La seconde catégorie, dite “réserve de second ordre”, sera quant à elle ouverte aux civils volontaires ainsi qu’aux anciens appelés du Service national de développement (SND). Contrairement aux premiers, ces futurs réservistes devront suivre une formation militaire préalable avant toute éventuelle mobilisation.

Les autorités expliquent vouloir bâtir une force de soutien capable d’intervenir en cas de nécessité nationale, tout en renforçant l’esprit patriotique et la participation citoyenne à l’effort de défense.

Depuis près d’une décennie, le Burkina Faso est confronté à des attaques récurrentes attribuées à des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Le conflit a provoqué des milliers de morts et déplacé plus de deux millions de personnes, selon les données des Nations unies et de plusieurs organisations humanitaires internationales.

Face aux difficultés rencontrées par l’armée régulière sur plusieurs fronts, les autorités burkinabè ont progressivement élargi leur stratégie sécuritaire à travers le recrutement massif de supplétifs civils et de forces auxiliaires.

En 2022 puis en 2023, le gouvernement de transition avait déjà lancé d’importantes campagnes de recrutement de VDP à travers le pays. Selon plusieurs médias burkinabè, des dizaines de milliers de volontaires avaient alors rejoint les rangs des unités d’appui territorial.

Pour les autorités, cette nouvelle réserve militaire citoyenne doit permettre de disposer d’un vivier humain mobilisable rapidement en cas de menace majeure.

L’annonce de cette réforme suscite toutefois des réactions contrastées au sein de l’opinion et chez certains observateurs sécuritaires.

Des soutiens du pouvoir y voient une preuve de la volonté des autorités de renforcer la souveraineté nationale et de bâtir une défense populaire face à une menace devenue structurelle.

D’autres analystes s’interrogent cependant sur les défis logistiques, financiers et organisationnels qu’implique un tel projet. Former, équiper et encadrer 100 000 réservistes représente un chantier colossal pour un pays déjà confronté à d’importantes contraintes budgétaires.

Certains défenseurs des droits humains appellent également à un encadrement strict de ces nouvelles forces afin d’éviter les dérives observées dans certains conflits où des groupes auxiliaires armés ont été accusés d’exactions contre des civils.

Jusqu’ici, les autorités burkinabè assurent que cette réserve sera intégrée dans un cadre légal précis et placée sous la supervision des institutions de défense.

Depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir à la suite du coup d’État de septembre 2022, le discours patriotique et souverainiste occupe une place centrale dans la communication officielle.

Les campagnes de mobilisation populaire, les appels à l’engagement citoyen et les initiatives de soutien aux forces combattantes se sont multipliés à travers le pays.

Cette nouvelle loi apparaît ainsi comme une étape supplémentaire dans la stratégie de “défense populaire généralisée” adoptée par les autorités de transition.

Reste désormais à savoir si cet ambitieux projet de réserve militaire citoyenne permettra réellement de modifier le rapport de force sécuritaire sur le terrain, dans un pays où plusieurs régions demeurent encore sous forte pression des groupes armés.

Rédaction DUNIA NEW’S.

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci