Afrique/Cotonnier en danger : l’Urgence d’une riposte intelligente face aux ravageurs
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Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et la pression croissante des bioagresseurs, la culture du coton en Afrique de l’Ouest fait face à des défis de plus en plus complexes. Aujourd’hui, la lutte contre les insectes ravageurs ne se limite plus à des traitements systématiques : elle repose désormais sur une approche scientifique, proactive et fondée sur des données en temps réel. Une véritable révolution dans la protection phytosanitaire impulsée par les pays membres du programme PR-PICA.
Grâce aux systèmes modernes de surveillance, les acteurs de la filière disposent d’outils performants pour suivre l’évolution des populations d’insectes nuisibles, détecter précocement les infestations et intervenir avec plus de précision. Cette stratégie permet non seulement de mieux protéger les cultures, mais aussi d’optimiser l’utilisation des produits phytosanitaires.
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Selon Ayeva Bassarou, membre du comité des entomologistes du PR-PICA, certains ravageurs comme les jassides restent sous contrôle avec une tendance à la baisse, grâce aux stratégies mises en place. Toutefois, d’autres menaces persistent, notamment l’Helicoverpa, qui a développé par le passé des résistances, même si sa gestion s’est améliorée aujourd’hui.
Mais le véritable tournant réside dans l’apparition et la migration de nouveaux ravageurs sous l’effet des perturbations climatiques. Les acariens jaunes, autrefois confinés aux zones humides, gagnent désormais les régions sèches. Plus inquiétant encore, la chenille épineuse Earias insulana s’impose comme un fléau majeur dans l’ensemble des pays du PR-PICA, en raison de sa prolifération rapide et de sa capacité à détruire les capsules du cotonnier.
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Les conséquences sont alarmantes : les pertes de production atteignent jusqu’à 53 % selon les analyses. Une situation qui appelle à une vigilance accrue et à une réaction rapide. Pour y faire face, les experts recommandent un renforcement des dispositifs de détection, une évaluation continue des niveaux d’infestation et surtout, une adaptation des méthodes de lutte.
L’un des enjeux majeurs reste la gestion de la résistance des ravageurs aux pesticides. L’utilisation répétée des mêmes produits favorise une pression de sélection, rendant les insectes de plus en plus résistants. Une spirale dangereuse qui pousse les producteurs à augmenter les doses, au détriment de leur rendement et de l’environnement.
La solution, selon les spécialistes, réside dans l’alternance des produits phytopharmaceutiques avec des modes d’action différents, en collaboration avec les sociétés cotonnières et les firmes spécialisées. Une approche intégrée qui permet de réduire la pression chimique tout en maintenant l’efficacité des traitements.
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Face à ces défis, une certitude s’impose : la survie de la filière coton dépendra de sa capacité à innover, à anticiper et à s’adapter. Plus qu’une simple lutte, c’est une stratégie globale et durable qui doit être adoptée pour protéger cette culture vitale pour des millions de producteurs.
Par Jean-Marc Ashraf pour Dunia-news













