
Les autorités sud-africaines ont évacué près de 400 ressortissants étrangers réfugiés dans un centre religieux de Durban, dans l’est de l’Afrique du Sud, après des menaces de groupes anti-immigration. Originaires notamment de RDC, du Rwanda, d’Éthiopie et de Somalie, ces migrants disent avoir fui leur domicile par peur de violences xénophobes. Les tensions contre les étrangers en situation irrégulière se sont intensifiées ces derniers mois dans le pays.
Les autorités sud-africaines ont évacué jeudi 21 mai des dizaines de ressortissants étrangers qui s’étaient réfugiés dans un centre religieux de Durban (est) par crainte de groupes anti-migrants virulents en Afrique du Sud.
La police a rassemblé dans des cars quelque 400 personnes originaires notamment de la République démocratique du Congo, du Rwanda, d’Éthiopie et de Somalie, avant de les évacuer du bâtiment de la métropole de la côte est où elles campaient pour certaines depuis plusieurs jours.
Des dizaines de militants anti-immigration ont applaudi et scandé « Dehors ! » pendant que le groupe, comprenant plusieurs femmes et enfants, était conduit vers un centre gouvernemental pour réfugiés.
Figure de proue du mouvement anti-immigration, Jacinta Ngobese-Zuma a déclaré aux journalistes que son groupe « March and March » s’opposait à la violence mais demandait à ce que tous les étrangers en situation irrégulière quittent le pays.
Les migrants sans papiers, accusés d’être responsables des maux du pays
À six mois d’élections locales à risques pour l’ANC, le parti au pouvoir, et dont les partis rivaux espèrent profiter, ce petit groupe, minoritaire mais bruyant, accuse les migrants sans papiers d’être responsables des maux du pays, à commencer par le chômage et la criminalité, particulièrement élevés.
Dans la pire vague de violence de ces deux dernières décennies, 62 personnes avaient été tuées en 2008. De violents heurts ont aussi éclaté en 2015, 2016, 2019 et encore en 2021.
Patrice Assiongbon SOWANOU















