Afrique du Sud : la montée du mouvement Dudula ravive les tensions contre les migrants africains
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Longtemps célébrée comme la « Nation arc-en-ciel » après la fin de l’apartheid, Afrique du Sud est aujourd’hui confrontée à une nouvelle fracture sociale. Dans plusieurs villes, la montée du mouvement Dudula terme zoulou signifiant « expulser » alimente des violences visant des migrants africains installés dans le pays.
Selon plusieurs médias africains et internationaux, ces tensions, qui s’inscrivent dans un contexte de chômage massif et de frustration sociale, rappellent à certains observateurs les heures les plus sombres de la ségrégation.
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Dans des quartiers populaires de Durban et de Pretoria, des groupes liés au mouvement Dudula organisent des patrouilles visant des ressortissants étrangers.
Leur objectif affiché : « nettoyer » certains quartiers des migrants accusés de voler des emplois, d’occuper des commerces informels ou d’alimenter la criminalité.
Les personnes ciblées proviennent majoritairement de pays africains comme le Nigeria, le Zimbabwe, le Mozambique, l’Ouganda, la Somalie, la Tanzanie, le Malawi, l’Eswatini ou encore la République démocratique du Congo.
Des ONG et des organisations de défense des droits humains dénoncent des intimidations, des agressions physiques, des pillages de commerces et des expulsions forcées.
La montée de ce mouvement s’explique en partie par la situation socio-économique du pays. L’Afrique du Sud fait face depuis plusieurs années à un taux de chômage parmi les plus élevés au monde, dépassant régulièrement les 30 %.
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Dans ce contexte, certains citoyens considèrent les migrants comme des concurrents directs sur le marché du travail informel et dans les secteurs précaires.
Des analystes rappellent toutefois que cette perception reste largement contestée par les économistes, qui soulignent que les migrants contribuent également à l’économie locale par l’entrepreneuriat et les services.
Ce phénomène n’est pas nouveau. L’Afrique du Sud a déjà connu plusieurs vagues de violences xénophobes depuis les années 2000, notamment en 2008, 2015 et 2019, ayant fait des dizaines de morts et des milliers de déplacés.
Pour de nombreux observateurs, la résurgence de ces tensions met à l’épreuve l’héritage de réconciliation laissé par Nelson Mandela après la fin de l’apartheid.
L’image d’anciens opprimés devenant agresseurs de migrants africains crée un malaise profond au sein de la société sud-africaine.
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Dans ce climat tendu, certaines initiatives citoyennes émergent pour protéger les migrants. Des associations locales, des leaders communautaires et des habitants toutes origines confondues organisent des actions de médiation et de soutien.
Ces initiatives rappellent que la société sud-africaine reste traversée par des dynamiques contradictoires : peur et solidarité, rejet et coexistence.
Pour les autorités sud-africaines, la montée du mouvement Dudula représente un défi sécuritaire et politique majeur. Le gouvernement est appelé à trouver un équilibre entre contrôle migratoire, protection des populations étrangères et réponse aux frustrations sociales.
Au-delà des violences, cette crise pose une question fondamentale : comment préserver l’idéal de coexistence qui a façonné la démocratie sud-africaine depuis la fin de l’apartheid ?
La réponse à cette question déterminera en grande partie l’avenir du modèle sud-africain.
Rédaction DUNIA NEW’S.













