Alors que plusieurs ressortissants ghanéens ont quitté l’Afrique du Sud après des tensions visant des étrangers africains, une déclaration controversée d’un rapatrié provoque de vives réactions sur les réseaux sociaux.

Les tensions xénophobes en Afrique du Sud continuent de susciter inquiétude et débats à travers le continent africain. Ces derniers jours, plusieurs ressortissants ghanéens ont été rapatriés vers Accra à la suite d’incidents et de menaces signalés dans certaines zones du pays.
Mais au-delà de la situation sécuritaire, ce sont surtout les propos tenus par l’un des rapatriés à son arrivée au Ghana qui ont déclenché une importante vague de réactions sur internet.
Interrogé par des médias locaux sur les causes de l’hostilité de certains Sud-Africains envers les étrangers africains, l’homme a livré une réponse particulièrement controversée.
“Les Sud-Africains nous accusent d’être trop proches de leurs femmes. Mais la vérité, c’est que nous faisons bien l’amour à leurs femmes. Ils sont jaloux de nos performances au lit”, a-t-il déclaré devant les caméras.
La séquence, rapidement relayée sur les réseaux sociaux, est devenue virale en quelques heures.
Ces propos ont suscité des réactions très partagées parmi les internautes africains.
Certains dénoncent une déclaration jugée irresponsable et provocatrice dans un contexte déjà marqué par des tensions communautaires sensibles. D’autres estiment au contraire qu’il s’agissait d’une sortie humoristique ou exagérée prononcée sous le coup de l’émotion après les événements vécus en Afrique du Sud.
Plusieurs commentateurs rappellent cependant que les violences xénophobes observées dans le pays dépassent largement les questions relationnelles ou culturelles évoquées par le rapatrié.
Selon des chercheurs et analystes sud-africains, les tensions trouvent principalement leurs origines dans des facteurs économiques et sociaux : chômage massif, pauvreté, concurrence dans le commerce informel et frustrations sociales accumulées dans certains quartiers populaires.
L’Afrique du Sud est régulièrement confrontée à des flambées de violences visant des ressortissants étrangers africains, notamment des Nigérians, Zimbabwéens, Mozambicains, Somaliens ou encore Ghanéens.
Depuis plusieurs années, des attaques contre des commerces tenus par des étrangers, des pillages et des agressions ont été signalés dans différentes villes du pays.
En 2019 notamment, une vague de violences xénophobes avait provoqué une crise diplomatique entre Pretoria et plusieurs pays africains. Des dizaines de commerces avaient été incendiés et plusieurs personnes tuées.
À l’époque, certains États africains avaient organisé des opérations de rapatriement volontaire pour leurs ressortissants.
Face aux récentes tensions, les autorités ghanéennes affirment suivre attentivement la situation de leurs citoyens vivant en Afrique du Sud.
Des responsables diplomatiques auraient été mobilisés afin d’assister les ressortissants souhaitant quitter les zones jugées sensibles.
Pour l’heure, Pretoria n’a pas officiellement commenté les propos du rapatrié ghanéen devenus viraux sur les réseaux sociaux.
Au-delà du caractère provocateur de la déclaration, plusieurs observateurs estiment que cette affaire révèle surtout le climat de méfiance et de frustration qui continue d’alimenter les tensions entre certaines populations locales et des communautés étrangères installées en Afrique du Sud.
Dans un pays confronté à l’un des taux de chômage les plus élevés du continent, les étrangers sont régulièrement accusés à tort ou à raison de “prendre les emplois”, de contrôler certains commerces ou d’aggraver la criminalité.
Des organisations de défense des droits humains appellent régulièrement les autorités sud-africaines à lutter davantage contre les discours de haine et à renforcer la protection des communautés étrangères.
En attendant, la vidéo du rapatrié ghanéen continue d’alimenter les débats sur les réseaux sociaux africains, entre indignation, humour et critiques des tensions xénophobes persistantes en Afrique du Sud.
Rédaction DUNIA NEW’S.















