
Par la Rédaction de Dunia News
Kinshasa, RDC – L’affaire impliquant la célèbre chanteuse congolaise Déborah Tshimpaka Mulanga, connue du grand public sous le nom de Rebo Tchulo, est entrée dans une phase décisive devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema. Après plusieurs semaines d’audiences, d’interrogatoires et de confrontations, les plaidoiries ont débuté le jeudi 6 août, ouvrant la voie aux réquisitions du ministère public et aux arguments de la défense.
Une affaire née d’un présumé vol
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L’origine de cette procédure remonte aux événements des 17 et 18 avril 2026. Un sac appartenant à Rebo Tchulo aurait disparu dans des circonstances encore controversées. Les soupçons se sont rapidement portés sur un membre de son entourage, Platini Kasaï Sadisa, son chauffeur.
Au lieu d’une simple plainte auprès des autorités compétentes, l’affaire aurait pris une tournure beaucoup plus grave. Des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) seraient intervenus et auraient soumis le chauffeur présumé à des actes de violence afin d’obtenir des aveux concernant le vol du sac.
Ces faits présumés ont conduit l’ouverture d’une enquête de la justice militaire.
Pourquoi Rebo Tchulo est-elle poursuivie ?
Contrairement à ce que certains pourraient croire, Rebo Tchulo n’est pas poursuivie pour avoir personnellement exercé des violences.
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Le ministère public lui reproche plutôt d’avoir incité des militaires à poser des actes contraires à la loi et à la discipline militaire, une infraction qui relève de la compétence de la justice militaire en RDC.
Tout au long de l’instruction, les magistrats ont cherché à déterminer si la chanteuse avait joué un rôle actif dans les événements ayant conduit aux mauvais traitements infligés à son chauffeur.
Treize militaires également devant la justice
L’affaire ne concerne pas uniquement la star congolaise.
Treize militaires des FARDC comparaissent également devant le tribunal, dont quatre sont toujours en fuite.
Ils sont poursuivis notamment pour :
- torture ;
- extorsion ;
- concussion ;
- violation des consignes militaires.
Ces accusations découlent des violences qui auraient été infligées à Platini Kasaï Sadisa après sa mise en cause dans le présumé vol.
Des expertises téléphoniques au cœur du dossier
Au cours de l’instruction, le tribunal a ordonné l’analyse des communications téléphoniques de plusieurs prévenus.
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Les sociétés de télécommunications ont été entendues afin de vérifier certains numéros utilisés dans le dossier et d’établir d’éventuels échanges entre les protagonistes.
La partie civile estime que ces éléments confortent ses accusations, tandis que la défense affirme qu’ils ne démontrent aucune implication directe de Rebo Tchulo dans les actes reprochés.
La défense rejette toutes les accusations
Depuis le début du procès, Rebo Tchulo clame son innocence.
Ses avocats soutiennent qu’elle n’a jamais demandé aux militaires de torturer qui que ce soit et dénoncent une tentative de lui faire porter la responsabilité d’actes commis par d’autres.
Ils contestent également les accusations formulées par la partie civile et estiment que le dossier ne contient aucune preuve établissant qu’elle aurait ordonné ou encouragé des violences.
Le parquet requiert 14 mois de prison
Lors des plaidoiries, le ministère public a requis quatorze mois de servitude pénale principale contre Rebo Tchulo pour incitation de militaires à commettre des actes contraires à leur devoir. Le parquet a toutefois demandé au tribunal de retenir des circonstances atténuantes, estimant que l’incitation reprochée n’aurait finalement pas produit tous les effets allégués.
Concernant les militaires poursuivis, le parquet a requis 60 mois de servitude pénale contre plusieurs coaccusés pour torture, concussion et violation des consignes militaires.
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Une lourde demande d’indemnisation
La partie civile réclame également une importante réparation financière.
Les avocats de Platini Kasaï Sadisa demandent 250 000 dollars américains de dommages et intérêts, ainsi que la prise en charge médicale de leur client à l’étranger. Ils sollicitent également la condamnation solidaire de Rebo Tchulo, des militaires poursuivis et de l’État congolais.
Verdict encore attendu
À l’issue des plaidoiries du 6 août, le tribunal militaire n’a pas rendu sa décision.
L’audience a été renvoyée au lundi 10 août, afin de permettre la poursuite des plaidoiries, notamment celles des avocats des militaires poursuivis. Le tribunal décidera ensuite s’il met immédiatement l’affaire en délibéré ou s’il prononce son jugement à une date ultérieure.
Une affaire suivie par toute la RDC
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Au-delà du cas de Rebo Tchulo, ce procès soulève d’importantes questions sur le recours à des militaires dans des affaires privées, le respect des droits fondamentaux et la responsabilité des personnalités publiques lorsque leurs proches ou leurs collaborateurs sont impliqués dans des procédures judiciaires.
Le jugement attendu pourrait constituer un précédent important dans la manière dont la justice militaire congolaise apprécie les responsabilités des civils lorsqu’ils sont soupçonnés d’avoir influencé ou sollicité l’intervention de membres des forces armées.
Rédaction DUNIA NEW’S















