Audit du fichier d’état civil : restaurer la confiance, protéger la démocratie

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Audit du fichier d’état civil : restaurer la confiance, protéger la démocratie

Par Imam chroniqueur Babacar Diop

Au Sénégal, parler de l’état civil n’est pas une question de papiers jaunis ou de registres oubliés dans les tiroirs des mairies. C’est parler de la vie même des citoyens, de leur droit à exister aux yeux de l’État et de la communauté nationale. C’est aussi parler de démocratie, car sans un état civil fiable, il ne peut y avoir de scrutin crédible.

Quand la confiance se fissure

Depuis des années, nous vivons avec des failles qui fragilisent notre vivre-ensemble : naissances non déclarées, doublons dans les fichiers, délivrances frauduleuses de documents. Tout cela entame la confiance du citoyen envers l’administration. Comme l’a bien rappelé le juriste sénégalais Mouhamadou Lamine Sagna (Gouvernance électorale en Afrique, L’Harmattan, 2019) :

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« Un état civil fiable, c’est la condition même de la citoyenneté. »

Quand les citoyens doutent du fichier, ils doutent du vote. Et quand ils doutent du vote, c’est la paix sociale qui chancelle.

L’audit, une exigence démocratique

Auditer le fichier n’est pas une option, mais une obligation. C’est une manière de rassurer les citoyens, de vérifier l’intégrité des données et de renforcer la transparence. Comme l’a souligné Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center :

« Quand les citoyens doutent du fichier, ils doutent de la sincérité du vote. » (Dakar, 2022).

Autrement dit, l’audit est une arme contre la suspicion et un pas vers la stabilité.

La dimension morale et spirituelle

Pour moi, ce débat dépasse les chiffres et les procédures. Il touche à l’éthique. Le Coran nous rappelle :

« Ô vous qui croyez ! Soyez stricts dans l’équité, soyez des témoins véridiques devant Allah, même contre vous-mêmes » (Sourate 4, verset 135).

Cela signifie que l’État, en tant que garant de la citoyenneté, doit rendre justice à chaque individu. Ne pas reconnaître un enfant par une déclaration de naissance, c’est lui voler une part de son avenir.

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Je le dis avec gravité :

« Auditer le fichier d’état civil, ce n’est pas seulement corriger des registres. C’est restaurer le lien de confiance entre l’État et le peuple. Une démocratie sans confiance, c’est comme une maison sans fondations. »

Les défis à surmonter

Le chantier est vaste : digitalisation inachevée, manque de formation des agents, corruption, absence de coordination entre les communes et l’État central. Mais chaque retard accentue la fragilité de nos institutions. Comme l’écrit Jean-François Bayart (L’État en Afrique, Fayard, 2021) :

« Les fragilités administratives ouvrent souvent la voie aux fragilités démocratiques. »

Conclusion

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La réforme de l’état civil et son audit doivent être une priorité nationale. Non pas seulement pour préparer les élections, mais pour bâtir un Sénégal où chaque citoyen est reconnu, respecté et protégé.

Je le répète avec force :

« La bonne gouvernance commence par la vérité des registres. Quand chaque citoyen est reconnu à sa juste identité, la République retrouve son souffle, et la démocratie sa dignité. »

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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